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GUIDE DES RECHERCHES ET DES CHERCHEURS
2003-2004 |
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Intitulé du projet :
La fabrication du savoir historique et de la mémoire par l'Etat et la société en Algérie et au Maghreb.
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Problématique
Dans l'acception des termes, mémoire et histoire ne fonctionnent pas sur le même registre.
"Parce qu'elle est affective et magique la mémoire ne s'accommode que de détails qui la confortent; elle se nourrit de souvenirs flous, télescopant, globaux ou flottants, particuliers ou symboliques, sensibles à tous les transferts, écrans, censure ou projections. L'histoire parce que opération intellectuelle et laïcisante, appelle analyse et discours critique. La mémoire installe le souvenir dans le sacré, l'histoire l'en débusque, elle prosaïse toujours" (Pierre Nora, Les Lieux de la mémoire / La République P XIX-XX, Paris, Gallimard 1998)
Il est cependant de nombreuses situations où la frontière est moins nette, car "avant d'être une discipline scientifique comme elle le prétend, et comme elle l'est jusqu'à un certain point, l'histoire est une pratique sociale" (Antoine Prost, Douze leçons d'histoire , Ed. du Seuil, Paris 1996) Discipline ne relevant pas du domaine des sciences exactes, elle est en effet toujours tributaire d'un coefficient idéologique plus ou moins grand, et dans certains contextes et périodes, dans certaines conjonctures sociales, sans doute plus que dans d'autres.
Les différents groupes sociaux (classes et catégories, ethnies et autres communautés...) tendant ainsi à faire pression, même sur l'historien "professionnel", qui peut avoir tendance à cultiver leurs fantasmes et amnésies collectives, au détriment de l'approche foncièrement critique.
Même si on peut imaginer (au moins en théorie), des situations où un Etat de droit ou des sociétés savantes peuvent apporter un soutien "désintéressé" à l'exercice de la profession d'historien, l'intervention de l'Etat ou d'autres institutions est généralement contraignante pour l'élaboration du regard critique, car "l'histoire institutionnelle est la transcription d'un besoin en quelque sorte instinctif, de chaque groupe social , de chaque institution, qui justifie ainsi et légitime son existence, ses comportements, qu'il s'agisse de l'Eglise, de l'Etat, de l'Islam ou du Parti" (Marc Ferro, L'Histoire sous surveillance ed. Calmann Lévy 1987).
Dans les faits, la société, l'Etat et les différentes institutions qui interviennent constamment dans la fabrication de la mémoire, interfèrent aussi sur la fabrication du savoir historique, se télescopant en permanence pour imprégner ou même orienter le travail de l'historien qui a souvent du mal à se libérer de l'emprise des effets de mémoire portés par les uns et les autres, sinon de l'injonction des différents pouvoirs.
Est-ce à dire que toute prétention d'historiographie scientifique est vaine, et que la prospection des activités relevant de la mémoire, n'est pas susceptible de stimuler la réflexion de l'historien ?
Est-ce à dire aussi que tout support institutionnel proposé à la pratique historienne, ne peut que lui être funeste ? et d'ailleurs une maturation conséquente et suivie de la pratique historiographique est-elle possible sans demande sociale ou institutionnelle, sans enjeux sociaux ?
Ce sont là quelques unes des questions que nous essaierons de traiter dans ce projet qui aborde la fabrication du savoir historiographique par l'Etat, les institutions et la société. L'Algérie en premier lieu et le Maghreb constitueront nos terrains d'étude privilégiés, mais nous n'hésiterons pas chaque fois que nécessaire à faire appel au comparatisme mettant en jeu d'autres régions (Orient arabe, Afrique-
Asie, Europe-Amérique...).
L'historiographie française nous intéressera en particulier dans la mesure où notre histoire nationale a émergé aussi comme contre-discours à l'histoire coloniale, et où la forte émigration maghrébine dans ce pays est réceptive aussi d'un regard forgé là-bas, à propos de nos pays.
Loin de nous intéresser seulement aux conditions de la production de l'écrit relatif aux faits de mémoire et à l'historiographie, nous traiterons aussi de ce qui relève de l'iconographie, et de l'audiovisuel.
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| Equipe du projet :
CHEF DE PROJET : REMAOUN Hassan, Université d'Oran Es-Sénia Faculté des Sciences Sociales
MEMBRES DE L'EQUIPE :
* BENSALAH Mohamed, Université d'Oran Es-Sénia Faculté des Sciences de l'Information et de la Communication
* BOUKHALFA Nour El Houda, Université d'Oran Es-Sénia Faculté d'Histoire et de Civilisation Islamique
* BOUAYAD Anissa, Université d'Aix-en-Provence et Université de Paris 7 (GERMAMO)
DUREE DU PROJET : Du 01/07/2001 au 30/03/2004 |
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Publications
REMAOUN Hassan
-« La question de l'histoire dans le débat sur la violence en Algérie », Oran, CRASC, 2000,in Insaniyat n°10 « Violence, contributions au débat »(vol. IV, 1).- pp 31-44.-ISSN 1111-2050.
-« Patrimoine historique(note critique) » , Oran, CRASC, 2000-. In Insaniyat n° 12 : « patrimoine (s) en question » (vol. IV, 3).- pp 109-113.-ISSN 1111-2050.
-« Subjectictivité et objectivité dans la pratique historiographique, ou l'ambiguïté d'un statut», Oran, CRASC, 2001, in les cahiers du CRASC n°1«La socio-anthropologie ou comment repenser la méthode ».-pp47-54.-ISBN 9961-813-02-2.
-« Entre sphère du politique et du religieux en Algérie : l'enjeu de la laïcisation », Paris, 2003, in Recherches internationales numéro double 67-68(1/2)
-« L'intervention institutionnelle et son impacte sur la pratique historiographique en Algérie : la politique d'écriture et réécriture de l'histoire , tendances et contre tendances »,Oran, CRASC, 2003, In Insaniyat n°19-20 « Historiographie maghrébine : champs et pratiques » .
BENSALAH Mohamed
-« Violence et société, le poids des médias », Oran, CRASC, 2000, in Insaniyat n°10 «Violence contribution au débat»-.pp 55-65.(vol. IV,1).
-« L'Université maghrébine à l'orée du 3ème millénaire », Tunis, Centre de publication universitaire, 2000, in actes du colloque organisé par l'Université de Sfax pour le sud.-pp39.-ISBN 9973-948-48-3.
-« La mémoire audiovisuelle et cinématographique : un patrimoine en péril», Oran, CRASC, 2001-. in Insaniyat n°12 «patrimoine(s) en question»-.pp 149-158.(vol. IV,3).
-« L'innovation pédagogique : de l'archaïsme à l'utopie », Alger, CREAD, 1er et 2ème semestre 2002, in les cahiers du CREAD n°59-60.-pp 87-94.-ISSN 10120009.
-« La séparation des notions de service public et de secteur public », in séminaire international placé sous la haut patronage de Mme Khalida Toumi, porte parole du gouvernement « Le service public et les radio diffuseurs », Alger 12,13 et 14 Décembre2002.- pp 101-103.
BOUAYAD Anissa
-« L'histoire culturelle : les représentations de la guerre d'Algérie », in Cahier du manuel scolaires français et le monde arabo-musulman.
-« Les peintres dans la guerre », Paris, décembre 2000, Université Paris VII, in Revue du GREMAMO.- IBNN : 1152-1864
-«Les mouvements sociaux : dockers, traminots algériens, la syndicalisation, les manifestations ouvrières en France et en Algérie, l'émigration algérienne », Paris, Université Paris VII, in les cahiers du GREMAMO n°5 et n°9, sq, dans la revue de l'institut arabe du travail (Alger), et dans recherches internationales (Paris).
-« Peinture moderne et patrimoine. Une position subsidiaire : la période charnière des années 60», Oran, CRASC, 2000-. in Insaniyat n°12 « Patrimoine(s) en question» (vol. IV,3) -.pp 65-76.-ISSN 1111-2050.
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| Copyright 2004 © Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle. |
crasc@crasc.org |
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