Rechercher OK
Accueil Mot de la directrice Annuaire Liens Contact
 
 
 
 

 

GUIDE DES RECHERCHES ET DES CHERCHEURS
2003-2004
 

Sommaire | <<- Précédant | Suivant ->>

 

 

Intitulé du projet :
Observatoire, Environement - Population de l'écosystème oasien

 
   

Problématique

Les conditions climatiques de la wilaya d'Adrar, font de l'eau une denrée rare dans la région. La faiblesse des précipitations (11mm par an), l'intense évapotranspiration et la sécheresse des sols ne permettent pas à l'eau un écoulement en surface.
Cette pauvreté en eau de surface est composée par ce que J. Savornin a appelé le plus grand appareil hydraulique. Il s'agit du gisement aquifère du continental intercalaire. Cette couche aquifère serait d'une profondeur de 800 à 1500 m . Selon les secteurs, la porosité serait de 20 à 30 ?; et, l'étendue du bassin, dépassant les frontières algériennes, de quelques 600 000 m² . C'est dans ce bassin aquifère que sont allés chercher l'eau les habitants du Sahara en imaginant cet ingénieux système des foggaras qui est devenu une sorte de label de la région.
Cependant la foggara ne s'arrête pas à sa fonction technique –une conduite d'amenée de l'eau de la nappe souterraine au terrain à irriguer grâce à une pente appropriée-. A son débouché et faisant partie intégrante se trouve le peigne répartiteur qui subdivise en un chevelu de minuscules rigoles, une eau péniblement arrachée à l'inclémence de l'environnement. Séparant l'eau et les hommes, cette pièce (al-qasrya) traduit l'importance de la foggara dans l'organisation sociale de la région.
Elle signale que, dans cette région, c'est l'eau le véritable foncier. Elle est vendue et achetée et nécessite un délicat mesurage qui a ses spécialistes (Kiyyal al-mà), ses instruments (shaqfa ou luh) et ses archives (zmâm)
C'est de la foggara également que dépend l'organisation de l'espace.
Le ksar se trouve toujours sur le cheminement hydraulique. Pour des raisons évidentes d' « économie des eaux », la partie habitat du ksar se situe toujours en amont du terroir permettant ainsi à l'eau de servir d'abord aux besoins domestiques avant d'atteindre la zone de culture. Elle cheminera ensuite vers le terroir où elle ira irriguer de petites parcelles aménagées en paliers sous les feuillages des palmiers.
Auparavant, elle aura été emmagasinée durant la nuit dans un bassin de récupération (mâjan) rythmant ainsi l'activité en fonction des contraintes écosystémiques.
La taille du ksar et l'importance de son espace bâti sont fonction des capacités nourricières du terroir et par conséquent de l'eau. Les contraintes écosystémiques constituent donc le véritable facteur limitant à l'agglomération humaine. Une oasis est d'autant plus peuplée que l'eau y est abondante et la nature du sol favorable.
Aujourd'hui ce procédé hydraulique, devenu une des principales caractéristiques de la région, est menacé et avec lui toute une organisation antique et un équilibre socio-économique.
Ce fragile équilibre entre nature et culture qui a permis aux ksour de survivre jusque là est aujourd'hui rompu. Les exigences du développement, l'accroissement démographique, notamment par les apports extérieurs (conséquence de développement des services administratifs) ainsi que l'aspiration légitime du confort, commandent de nouvelles techniques d'acquisition de l'eau (moto-pompes, forages). Ce qui n'a pas été sans perturber le système causant des conflits et menaçant la survie de tout un ensemble d'établissements humains.
De plus en plus confrontés à ces dysfonctionnements, et conscients aussi bien de l'importance d'un tel socle que de la nécessité du changement social, les pouvoirs publics lancent un appel pour tenter une
opération de sauvegarde d'un procédé qui est plus qu'un symbole.
Les raisons qui militent en faveur de cette sauvegarde sont multiples. La foggara est la cristallisation d'une histoire et d'une mémoire. Le pourquoi de son sauvetage est désormais entendu. Ce dont il s'agit à présent, c'est de réfléchir sur le comment. Quelles sont les voies et moyens qui rendaient possibles un équilibre qui ne sacrifierait ni la mémoire, ni le présent sans hypothéquer l'évolution future. Autrement dit, comment répondre aux exigences du progrès pour en bénéficier pleinement sans perdre les traces qui structurent la mémoire sans laquelle la communauté se disloquerait ?
De manière plus pragmatique, un certain nombre de contraintes gênent sérieusement le développement dans cette région. L'essentiel de ces problèmes est en rapport d'une façon ou d'une autre avec le problème de l'eau. Les autorités de la wilaya désireuses de rompre avec le bricolage et la politique du coup par coup, ont sollicité le CRASC en vue de réunir des compétences (universitaires et praticiens) pour réfléchir ensemble aux divers aspects que soulève la question. Le CRASC qui a déjà animé à Adrar même, il y a une dizaine d'années (en tant qu'unité de recherche), un colloque sur les « perspectives de l'agriculture saharienne » est heureux de saisir cette opportunité, qui correspond à ses préoccupations, pour (re)questionner le terrain. Depuis la géomorphologie et l'hydrogéologie, en passant par la démographie, l'économie, la structuration sociologique, jusqu'aux techniques hydrauliques, urbanistiques, juridiques etc.… Tout est à (re)examiner.

 

 
   
Equipe du projet :

CHEF DE PROJET : BENDJELID Abed, Université d'Oran Es-Senia, Faculté des Sciences de la Terre

MEMBRES DE L'EQUIPE :
* HADEID Mohamed, Université d'Oran Es-Senia, Faculté des Sciences de la Terre
* BELLAL Sid Ahmed, Université d'Oran Es-Senia, Faculté des Sciences de la Terre
* DARI Ouassini, Université d'Oran Es-Senia, Faculté des Sciences de la Terre
* TRACHE Sidi Mohamed, Université d'Oran Es-Senia, Faculté des Sciences de la Terre
* MESSAHEL Abdellah, Université Mohamed BOUDIAF, Oran.

DUREE DU PROJET : Du 1999 au 31/12/2002
 
   
Publications

BENDJELID Abed
-« Utilisation et évaluation de la télédétection dans l'étude du développement de l'espace périphérique urbain de l'agglomération oranaise (Algérie) »( en collaboration avec Benabadji N, Benammar K et Tabet Aouel K), Besançon France, Presse universitaires Franc-comtoises, 2001, IV colloque de « Théo quant ».
-« Armature urbaine et population en Algérie », Oran, CRASC, 2001-. in Insaniyat n°13 « recherches urbaines»(vol. V,1) -.pp 131-138.- ISSN 1111-2050.
-« Les territoires métropolitains d'Alger et d'Oran : décision centrale, application et effets de l'image de la capitale sur le pouvoir local ». Alger, EPAU, 2002, In actes du Colloque : « lumières sur la ville », mai 2002.-729 p.
-« Politique urbaine algérienne et stratégies résidentielles des classes moyennes à Oran(Algérie) »,Paris, Harmattan, 2002, In Gestion du développement urbain et stratégies résidentielles des habitants (Sous la direction de Dansereau F, et Navez-Bouchanine F)actes du Colloque de INRS, Montréal.
-« L'émergence de petits entrepreneurs privés dans le transport collectif en milieu rural en Algérie», Oran, CRASC, 2002.- In Insaniyat n°16 « Réalités, acteurs et représentations du local en Algérie ».-(vol. VI, 1). pp 201-208.ISSN 1111-2050.

HADEID Mohamed

-« Rôle spatial et social d'une implantation industrielle dans une ville moyenne de l'ouest algérien : le cas de la zone industrielle de Saîda-Rebahia », Oran, 1998, in revue de géographie et d'aménagement d'Oran n°1.- ISSN 111-2174..
-« Mutations sociales et adaptation d'une paysannerie ksourienne du Touat : Ouled Hadj Mammoun (W. d'Adrar) », Oran, CARSC, 1999, in Insanyat n°7 « paysans algérien » (Vol. III, 1).- pp 39-52.- ISSN 1111-2050.
-« Difficultés d'intégration d'une région à l'espace national, le cas des Hautes plaines Sud-Oranaise (l'ouest algérien) », Alger, INCT, 2002, in bulletin des sciences géographiques n°10.- pp 07-15.-ISSN 1112-3745.
-« De l'habitat précaire au future centre-ville ou la dynamique d'un quartier central d'une ville steppique de l'ouest Algérien, le cas d'El Bayadh », Tunis, publications de l'ENS, 2002, in actes du IIIème colloque international « pratiques et connaissances des milieux et territoires ».- pp 203-219.-ISBN 9973-950-09-7.

TRACHE Sidi Mohamed
-« Structures commerciales et hiérarchie urbaine : l'exemple de la wilaya de Tlemcen ».-in cahiers du GERMAMO n°14.- ISSN 1152-1864.

DARI Ouassini
-« Les zones homogènes du bassin versant de Loued Bouslit : les versants sud ouest des monts des trara- Wilaya deTlemcen- Algérie », Oran, université d'Oran , 1998, RGAO, N°1.- ISSN, 111-2174.
-« Mutations sociales et adaptation d'une paysannerie ksourienne du Touat : Ouled Hadj Mammoun (W. d'Adrar) », Oran, CARSC, 1999, in Insanyat n°7 « paysans algérien » (Vol. III, 1).- pp 39-52.- ISSN 1111-2050.

MESSAHEL Abdellah
-« Les ksours de l'Atlas saharien », in Espace maghrébin.
*BELLAL Sid Ahmed
-« Dynamique des milieux naturels et aménagement : le cas du bassin de Oued El Mehgoun dans les Monts d'Arzew (Algérie) », Oran, RGAO N° 1 université d'Oran.
-« Mutations sociales et adaptation d'une paysannerie ksourienne du Touat : Ouled Hadj Mammoun (W. d'Adrar) », Oran, CARSC, 1999, in Insanyat n°7 « Paysans algériens » (Vol. III, 1).- pp 39-52.- ISSN 1111-2050.

 
 
Copyright 2004 © Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle. crasc@crasc.org