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GUIDE DES RECHERCHES ET DES CHERCHEURS
2003-2004 |
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Intitulé du projet :
Construction, analyse critique et usage des sources
L'histoire à l'épreuve de l'identité nationale.
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Problématique
Le projet bien que s'inscrivant dans la continuité de l'ancien projet, intitulé Production et mise en œuvre des références : sources écrites et orales et sources matérielles, veut en fait insister sur la réalité matérielle des sources de l'histoire à trois niveaux :
- dans le champ de leur production au sein de l'administration nationale mais aussi coloniale,
- au niveau de la question de l'utilisation des nouvelles technologies et leur impact dans le champ de la connaissance historique Internet nouveau livre d'histoire, à travers les concepts de numérisation et collections patrimoniales.
- dans le champ des conditions de conservation des sources de notre histoire faite et à venir.
L'histoire à l'épreuve de l'identité nationale
Nous souhaitons, donc, préciser quelques axes relatifs à l'examen des sources (dans toute leur diversité : écrits, statistiques, documents iconographiques, informatiques, virtuelles…) qui sous tendent la production historique et les rapports qu'elles entretiennent avec la construction de l'identité nationale.
A travers les sources, il s'agit d'explorer l'intervention de l'Etat dans leur élaboration, leur classement et leur mise à la disposition du public. Autrement dit, on s'intéressera plus particulièrement à la nationalisation des archives, comme processus de fondation et de légitimation de l'Etat-nation. Par ce biais, nous proposons une mise en perspective du politique qui ne repose pas directement sur l'analyse des évènements, mais qui interpelle le mode d'administration des institutions (Archives Nationales, départementales, musées, bibliothèques…) étroitement liées à l'exercice du pouvoir. La mise en œuvre des sources obéit sans aucun doute à des logiques de pouvoir dont il reste à cerner les modalités.
En ce sens, l'Etat participe à la construction des savoirs parce qu'il est l'ordonnateur des lieux de la conservation des archives et oriente la production du discours savant que les chercheurs en sciences sociales élaborent à l'université ou dans les centres de recherches. C'est dire qu'il n'est pas inutile de rappeler le caractère politique de la question des archives dans la mesure où elles sous entendent l'ensemble de la dynamique de la recherche. Par conséquent, il est impératif que les archives qui ne sont pas une institution administrative comme les autres, cessent d'être confinées dans des tâches strictement techniques. La rencontre de mai 2000 à laquelle ont participé de jeunes archivistes des principaux centres du pays a révélé l'ampleur de la crise et l'isolement des ces pionniers qui perçoivent mal la finalité de leur travail. Leur désarroi est à la mesure de la désaffection de la fréquentation des chercheurs des salles de lecture.
Une réflexion sur l'histoire des archives peut contribuer à dégager quelques pistes de recherches qui pourront rendre intelligible cette situation anomique : l'institution archivistique, telle que nous la connaissons aujourd'hui est un héritage de la période coloniale. Elle va de pair avec la généalogie de l'historiographie moderne de l'Algérie qui est profondément liée à la colonisation française.
Quelle légitimité accorder à une telle accumulation de matériaux dont la conservation première incombe à une tradition de la politique française ? Il est entendu bien sûr qu'il ne s'agit pas d'ouvrir le procès politique de la mission des archives coloniales, mais juste de nous interroger sur « leur bon usage » et de situer le
débat autour de la complexité de la construction d'une identité nationale.
Plusieurs questions surgissent alors quant à la perception qu'archivistes, historiens et pouvoirs publics ont des archives. C'est l'occasion d'inverser la posture du regard : il s'agit alors de se départir de la volonté de « décoloniser l'histoire » par la seule dénonciation de l'autre, entretenant ainsi une vision manichéenne, sans perdre de vue le risque de s'immobiliser sur des temps révolus et de s'enfermer dans des représentations que Braudel compare à « des prisons de longue durée ». « Le passé n'est-il pas aussi un univers de ressources » ? Il existe alors une possibilité d'envisager les institutions héritées / importées autrement en nous intéressant de près aux fondements à l'origine de telles institutions, puis à ce qui a fait leur succès et leur pérennité. Ainsi par exemple, en France, l'intérêt de préserver la mémoire des premiers actes officiels de La Constituante (1790), s'inscrivait dans une modalité qu'il faut souligner : la création des Archives nationales est l'œuvre d'un état démocratique ayant le souci de ses citoyens. C'est toute une conception du pouvoir, du droit qui n'a cessé d'évoluer au gré de la conjoncture politique. Peut-on faire fi de la philosophie sociale qui a inspiré un tel projet ! Indéniablement, l'Algérie indépendante a pris possession d'une institution qu'elle a adaptée à ses besoins. Ce moment de rupture est important à retenir dans la mesure où il invite à une construction historique de la mémoire nationale : ce passé, ces fonds, ce qu'il en est resté appartiennent désormais à une histoire présente, donc à une « histoire qui se fait au présent. » Et comme dans toute phase transitoire, le changement social a engendré de nombreuses occurrences dont la plus importante réside dans le processus de transformation du sujet en citoyen. Le débat autour du couple sujet/citoyen peut révéler une autre dimension de la réalité sociale à saisir de l'intérieur (apport de l'anthropologie historique). Il rejoint implicitement la construction sociale des identités. Ce qui reste à faire relève de la mobilisation des compétences d'acteurs maîtrisant leur métier, incluant un investissement tant méthodologique qu'épistémologique.
Les sources et la production savante
Pour paraphraser Michel Foucault, la production savante est-elle à la merci du politique ? Il n'y a rien de paradoxal dans ce cas de figure : l'histoire étant un pilier de l'état nation, elle assume bien sa fonction sociale. Ce lien particulier de l'histoire avec l'Etat n'a cessé d'exercer son impact sur les études historiques. A titre d'exemple, la période coloniale comme la période post coloniale ont privilégié cette orientation « idéologique » des études historiques représentées par des historiens / militants zélés, acquis à l'une ou à l'autre cause (cause coloniale, cause nationale). L'histoire partisane a certainement de beaux jours encore devant elle.
Si cette emprise du politique ou du pouvoir sur les activités du savoir a réussi à s'imposer le temps d'une conquête ou le temps d'une indépendance, elle a fini – par épuisement – par céder du champ aux exigences propres au métier d'historien. Même s'il est encore prématuré d'évoquer la constitution d'une communauté historienne autonome, force est de constater l'éclosion d'approches qui restent pour le moins assujetties aux luttes politiques, tout en dotant le passé historique d'un sens nouveau. Mais précisément le désenchantement national, la permanence de la crise politique, l'émergence de questionnements sur le passé proche et lointain contribuent à la nécessité d'élaborer une redéfinition du savoir historique.
Certains indices abondent dans ce sens. Pour l'exemple, la lecture des travaux de Mohamed Harbi côtoie celle de Saadallah et Bouazziz, le monde de l'édition offre régulièrement des titres à la lecture. Cette multiplication des publications d'inégale valeur a le mérite d'introduire le doutes dans les esprits et de porter atteinte à la suprématie de l'histoire traditionnelle, c'est à dire l'histoire politique. La mode de publier ses mémoires (en langue française ou en langue arabe) participe à sa façon, à cet effort d'écriture et de construction identitaire.
En d'autres termes, l'exploitation de nouvelles archives ne peut avoir que des effets salvateurs. Ce n'est
pas un hasard si des projets de réformes sont proposés régulièrement aux enseignants d'histoire, sans pourtant produire des effets positifs. Mais des recommandations pour l'introduction de questions sociales au niveau du Magister d'histoire, toutes périodes confondues révèlent la lente mutation qui touche la discipline. Le devoir sacro-saint de l'écriture de l'histoire nationale fidèle aux constantes déterminées par
un parti unique a toujours ses émules, mais il est désormais soumis aux contraintes de la recherche qui s'accommode mal des évolutions linéaires démenties régulièrement par l'exploitation de sources nouvelles.
Les fissures qui déchirent la mémoire collective contemporaine, traduisent à leur manière la fin d'un consensus et laisse la place à une crise de la conscience historique écartelée entre la nostalgie d'un horizon révolutionnaire et une vocation conservatrice,
A brève échéance, l'accumulation des difficultés au quotidien confine au repli sur soi, faute de réponses aux incohérences du présent. La fonction sociale de l'histoire est prise, à nouveau, en otage entre le respect des règles propres à la discipline, le devoir de mémoire et la séduction du pouvoir. Une fois de plus, une fois de trop, l'histoire est à la merci du politique. Cette évidence en appelle une autre : à savoir sans l'élaboration d'un véritable projet politique, sources et pratiques de l'histoire courent le risque de ne servir qu'à alimenter « un vaste musée d'antiquailles » (Marc Bloch, L'étrange défaite). Le dépassement de ce seuil critique suppose le partage d'une idée simple mais essentielle : les identités nationales supposent une conscience citoyenne qui s'inscrit nécessairement dans une perspective d'Etat démocratique.
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| Equipe du projet :
CHEF DE PROJET : SIARI-TENGOUR Ouanassa, Université Paris Viii (France) Faculté des Sciences Sociales
MEMBRES DE L'EQUIPE :
* ADDA-DJELLOUL Mohamed, Université d'Oran Es-Sénia Faculté des sciences Administratives
* SOUFI Fouad, Wilaya d'Oran. Direction des Archives Nationales
* BOUHARRAT Soufiane, SONATRACH Alger
* BAKELLI Yahia, CERIST Alger
* BENKADA Saddek, Entreprise de Gestion de la Zone Industrielle d'Arzew (Oran)
* MOUJEB Ahmed, Wilaya D'Alger, Direction des Archives.
DUREE DU PROJET : Du 01/01/2003 au 31/12/2004 |
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Publications
SIARI-TENGOUR Ounassa
-« En Turquie et en Israël, l'histoire et la mémoire », Oran, CRASC, 2001, in Insaniyat n°12 «patrimoine(s) en question»(vol. IV,3) -.pp 169-178.-ISSN 1111-2050.
-« La biographie face aux historiens», Oran, CRASC, 2001-. in les cahiers du CRASC n°1 «La socio-anthropologie ou comment repenser la méthode ?»-.pp 41-46.-ISBN 9961-813-02-2.
-« Dits et non dits dans les mémoires de quelques acteurs de la guerre d'Algérie», Ouvrage : « les pratiques historiographiques au Maghreb », in actes Congrès du WOCMES« les pratiques historiographiques au Maghreb », Université de Mayence, Allemagne, 8-15 septembre 2002.
-« Du palais du dey au palais du gouvernement : lieux et non lieux de la mémoire»,Oran, CRASC, 2003, In Insaniyat n°19-20 « Historiographie maghrébine : champs et pratiques » .
-« Vayssettes histoire de Constantine sous la domination turque. » Paris, éd. Bouchéne, 2003.
BAKELLI Yahia
- «Electronic publishing: solution to the problem of Algerian scientific publishing», in actes Conference international; 49th FID congress New Delhi; INDE oct 1998.
-« Le périodique scientifique algérien à l'ère de l'Edition électronique »,1999, CNRS Editions , Annuaire de l'Afrique du nord ; tome XXXVI, 1997; pp 415-427.
-«Scholarly publishing in Algeria : initiations for greater accessibility by scientists » 1999,in actes Conférence internationale; INASP workshop Oxford, 10-12 mai 1999.
-« Model for an Electronic Access to the Algerian Scientific literature: short description», Proceedings; Springer, Septembre 2000,in actes « 4th European Conference on digital libraries, Lisbon;; SPRINGER; pp. 432-436.
-« Les collections numériques : des usages et des quelque modèles internationaux », 2002, Editions culture , in Actes du séminaires : Bibliothèque et NTIC, 9-10 Avril 2002.- pp 17-23.
MOUJEB Ahmed
- -« Traitement scientifique des archives : cas des fonds de la chambre de commerce » ,Alger, Publication des archives nationales d'Algérie , 1997, n°7.
-« Expériences algérienne dans l'élaboration des instruments de recherche », Egypte, mai 2000, In Arabican .
SELLAL Achour
- «La place du document d'archives au sein de l'appareil judiciaire » article ; publication du Ministère de la Justice.
BENKADA Sadek
-« Un demi siècle d'extension de l'espace périphérique oranais, à travers quelques exemples de politiques d'urbanisation ( 1948-1998) », Oran, CRASC, 2001-. in Insaniyat n°13 « Recherches urbaines»,(vol. V,1) -.pp 95-104.- ISSN 1111-2050.
-« Revendication des libertés publiques dans le nationalisme algérien : le cas de la liberté d'association (1919-1954) », Oran, CRASC, 2002, in les cahiers du CRASC n°5 « Le mouvement associatif au Maghreb ».- pp 105-124.- ISSN 1112-3451.
- « L'armée et les premiers ravaux de toponymie historique en Algérie (1830-1880) », in actes Congrès du WOCMES« les pratiques historiographiques au Maghreb », Université de Mayence, 8-15 septembre 2002.
-« Un préhistorien dans l'histoire : Gabriel Camps1927-2002»,Oran, CRASC, 2003, In Insaniyat n°19-20 « Historiographie maghrébine : champs et pratiques » .
-« Biographie oranaise » Ouvrage collectif :« Oran face à sa mémoire », Oran, Editions Bel Horizon 2003.
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