Rechercher OK
Accueil Mot de la directrice Annuaire Liens Contact
 
 
 
 

 

 

RESUMES DES ARTICLES

INSANIYAT N° 10 (Janvier-Avril 2000)
Violence, Contributions aux débats

 

 
Mohamed BENSALAH
 
Violence et société. Le poids des médias audiovisuels

S'interroger sur les effets néfastes ou salutaires des messages iconiques et sonores que distillent chaque jour nos grands et nos petits écrans, passe d'abord par l'étude de la violence sociétale et des drames qu'elle provoque, surtout chez la jeune génération. En effet, avant d'être un danger médiatique, la violence est d'abord un fait de société. Cependant, par leur omniprésence, par leur don d'ubiquité et par leur manière propre de "magnifier" la réalité, les médias ont fini par banaliser les faits violents, neutralisant même parfois, les valeurs véhiculées par l'école et la famille et cela suscite moults interrogations. Microcosme des pays du Tiers-Monde, l'Algérie se trouve confrontée à ce grave problème. En servant de caisse à résonnance aux drames quotidiens et en pratiquant une certaine "esthétique du macabre", la télévision a fini par exercer une emprise sur les consciences. Ceci dit, les critiques ont beau se multiplier, les travaux menés à ce jour ne permettent pas d'aboutir à des conclusions définitives sur les effets pernicieux des images et des sons. Nous en sommes encore en Algérie, au stade des préjugés, des idées reçues et des hypothèses, aucun champ disciplinaire d'analyse de la communication médiatique, aucune communauté scientifique constituée n'ayant vu le jour, à l'exception de quelques travaux de chercheurs isolés.
 

Mohamed DAOUD
 
Les jeunes écrivains et la violence actuelle

L'étude tente d'aborder la thématique de la violence inscrite dans les romans algériens de langue arabe parus dernièrement.
Tout en s'appuyant sur les différentes étapes historiques qu'a connu l'Algérie (Guerre de libération, Indépendance, construction de l'Etat national durant les années 1960 et 70), l'étude essaie de se pencher sur la violence politique qui s'est étendue dans le pays durant la fin des années 1980 et le début des années 90. La littérature, à l'instar des travaux de recherches qui se sont intéressés au phénomène de la violence, n'est pas restée indifférente aux événements tragiques qu'a subis la société. En marquant son témoignage, elle a permis l'émergence d'un nouveau champs littéraire en totale rupture avec les anciens modèles de la production littéraire. Prenant comme corpus deux romans de la nouvelle génération de romanciers "Le glissement" de Hamid Abdelkader et "Les cérémonies et les funérailles" de Bachir Mefti, l'analyse porte sur la situation de l'intellectuel face à la mort et à l'assassinat politique à cause de ses opinions qui ne conviennent pas aux groupes islamiques armés. Ces deux textes mettent en exergue la crise et l'impuissance des personnages face à la tragédie ; ils s'accordent aussi pour désigner les causes socio-politiques qui ont permis cette violence.
 

M. HAMDAOUI
 
Statut de la femme et violence au sein de la famille algérienne traditionnelle

Dans cette étude, nous avons essayé de donner une image de la violence exercée sur la femme au sein de la famille algérienne traditionnelle. Ce phénomène est étudié dans son contexte social et en rapport avec la culture traditionnelle dominante. En effet, la violence ne se dissocie pas de l'organisation économique et sociale. Elle ne touche pas toutes les femmes, puisqu'il y a au moins une qui en tire profit ; aucune femme ne la subit gratuitement. La violence exerce une fonction de protection et vise l'intégrité du groupe familial et sa cohésion. Aussi, la violence dépend des cycles de la vie familiale, car si la femme la subit en qualité de fille, sœur ou épouse ; en tant que mère, elle adopte la culture patriarcale qui encadre la violence et assure sa reproduction, ce qui lui procure autorité et avantages. La mère exerce son autorité surtout sur ses enfants, récoltant ainsi les fruits de ses efforts avant leur mariage. Ainsi, sont reproduites la violence et la culture patriarcale qui la structure.
 

B. MEBARKI
 
Azouz Begag, ou les coups de gueule identitaires d'un Beur

Lorsqu'on a décidé de se départir de son espace et que l'on est difficilement supporté dans un espace d'accueil, on perd ses repères et l'on exprime son identité de manière violente. Violence exercée à l'endroit de l'ancêtre, à l'endroit de sa culture, à l'endroit de sa langue, à l'endroit de soi. Cette violence, adoptée comme art littéraire, caractérise les romans des Beurs, nos alters-égo, installés à la périphérie des cultures orientales et occidentales. Nous avons choisi les écrits de l'un d'eux, Azouz Begag, pour voir comment il vit cette déchirure et voir ce qu'il suggère pour son dépassement.
 

F. BENRAMDANE
 
Qui es-tu ? J'ai été dit. De la destruction de la filiation dans l'Etat civil d'Algérie ou éléments d'un onomacide sémantique

Nous voudrions montrer dans cet article que l'Etat civil d'Algérie et non algérien (il n'existe pas encore), n'assure pas la continuité de la transmission identitaire, en dépit d'une filiation plusieurs fois millénaire. Il est même la représentation mentale de la non-filiation, de la non-généalogie, caractérisée par l'intrusion violente de deux paradigmes de refondation de la personnalité algérienne par l'administration et l'armée coloniales françaises : le Senatus Consulte et la loi sur Etat Civil (1882). Comment est construit historiquement le système onomastique patronymique algérien ? Quelles stratégies porteuses ont déterminé, dans le passé, les représentations suivies et qu'en est-il aujourd'hui ? Jamais dans l'histoire du colonialisme et de ses rapports à la donne linguistique, une opération de dislocation identitaire,de déstructuration/ restructuration onomastique, n'a travaillé à un double niveau de la conscience : sémantique et formelle, tel qu'il est cristallisé dans l'Etat civil d'Algérie.
 

N. OUHIBI-GHASSOUL
 
Violence du texte, agression d'une écriture dans "Topographie idéale pour une agression caractérisée" de R. Boudjedra

La violence, fléau des temps modernes ou avatar des temps anciens, continue d'occuper le devant de la scène sociale et revêt différents aspects selon le moyen d'expression qui la prend en charge et la traduit. La littérature, et le roman par ricochet, lui consacrent un certain intérêt dans un certain contexte, défini par les préoccupations du moment. Dans le roman, la violence, d'essence verbale déborde de son cadre, pour se faire graphique et visuelle. Un roman typique de la violence est atypique en ce qui concerne l'effet et l'ordonnancement de cette violence ; il transforme le texte en réceptacle d'un déferlement d'images, prétexte à une logorrhée verbale, défiant et déniant toute ponctuation pour se déployer sur l'axe de la verticalité, faisant de la synonymie une pratique à outrance de l'accumulation, un procédé systématique, agissant et sur le personnage en but à des messages graphiques, iconographiques, sonores qu'il ne comprend pas, et sur le lecteur, qui agressé comme lui, est confronté à un texte itératif, "enlysé", dégénéré, contribuant ainsi à créer la frénésie du texte, la confusion des espaces, la fête du langage. Des mots en chamaille, pour dire un texte en bataille, voilà le sommaire de : "Topographie idéale pour une agression caractérisée" de R. Boudjedra.
 

M. ADDA-DJELLOUL
 
La problématique du devenir islamique

L'axe principal autour duquel s'articule notre étude concerne les contradictions de la personnalité et du devenir islamique.
Ces contradictions sont les causes profondes de la violence dans certains pays musulmans ; elles se reflètent à travers deux aspects :
1. La divergence entre les principaux régimes politico-islamiques quant à l'interprétation idéologique de l'Islam,
2. L'ambiguité entre les deux concepts "le Monde Musulman" et "la Nation Musulmane". Le conflit traditionnel entre les "Chiites" et "Sunnites" se perpétue à l'époque contemporaine, mais sous d'autres aspects, ayant pour cause les différentes évolutions de la vie politique, économique, sociale et intellectuelle dans les pays musulmans et même les bouleversements de la société internationale. L'ambiguïté qui existe entre les deux notions "Monde Musulman" et "Nation Musulmane" est appréhendée dans les discours politiques, plus particulièrement ceux d'ordre idéologique. Le problème qui se pose, concerne le devenir des relations internationales musulmanes. Quel est le fil conducteur dans ces relations actuellement ?
 

F. Z. KARADJA ; N. KORSO-BIOUD
 
Violence, les possibles réparations

Nous proposons à la réflexion ici, une expérience première d'intervention psychosociale dans le cadre d'une violence organisée, réalisée par des psychologues auprès d'une communauté victime d'un massacre collectif. Cette pratique de l'intervention psychosociale est également une occasion de réinterroger les enveloppes identitaires professionnelles à travers leurs multiples référents, notamment les outils conceptuels théoriques et le dispositif technique et clinique de la relation d'aide. Est exposée alors une première description d'un recadrage pragmatique qui tente une articulation, adaptée, un temps soit peu, aux situations réelles, travaillant le lien entre l'individu et le groupe, reconstituant par là même un nouvel espace thérapeutique. Répondant ainsi quelque peu, au principe de la réalité que l'on construit et qui nous construit dans des interactions permanentes avec les acteurs du drame.
 

 

 
 
Copyright 2004 © Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle. crasc@crasc.org