Rechercher OK
Accueil Mot de la directrice Annuaire Liens Contact
 
 
 
 

 

 

RESUMES DES ARTICLES

INSANIYAT - N° 13 [Janvier-Avril 2001]
Recherches Urbaines

 

 
Pierre SIGNOLES
 
La centralité des médinas maghrébines : quel enjeu pour les politiques d'aménagement urbain ?

La centralité des médinas est prise ici comme prétexte pour interroger les relations entre recherche, pratique, planification et gestion urbaines dans quelques pays du Monde arabe. La question se pose en effet, avec d'autant plus d'acuité que deux processus concomitants conjuguent depuis quelques décennies leurs effets pour donner à croire que la problématique de la centralité de ces médinas ne serait plus d'actualité. D'une part, les politiques dites de sauvegarde tendent, à quelques exceptions près, à isoler la médina de l'ensemble des agglomérations dont elles ne sont pourtant plus aujourd'hui qu'un fragment et visent à protéger ou à reconstituer une cité mythique ou mythifiée, dont la centralité, quand elle est pensée, réfère principalement à un passé qui ne peut plus se reproduire. D'autre part, les dynamiques urbaines récentes se caractérisent par une extension extrêmement rapide des espaces urbanisés - processus de métropolisation -, à la fois cause et conséquence d'une intensification des mobilités urbaines (mobilités résidentielles, mouvements domicile-travail, migrations de week-end et de loisirs) et d'un allongement des parcours, en même temps que les profondes transformations (progrès de la motorisation des ménages, nouvelles expressions des besoins sociaux, nouveaux modes de consommation, etc.) qui accompagnent l'évolution contemporaine des sociétés citadines concourent, principalement dans les grandes agglomérations, à l'émergence de nouvelles polarités, voire de nouvelles centralités urbaines, lesquelles peuvent parfois procéder également de politiques publiques ayant pour objectif d'afficher la modernité et d'affirmer l'efficacité des villes que les Etats (où elles se localisent) veulent, ne serait-ce qu'au travers de formes architecturales et de symboles monumentaux, se raccrocher au système mondialisé.
 

Ammara BEKKOUCHE
 
Enjeux coloniaux et projection urbaine en Algérie : le cas de Sidi-Bel-Abbès

Le mouvement de colonisation dans le monde, a mis en œuvre des programmes d'urbanisation dont certaines applications ont fait l'objet d'observations et analyses pour en comprendre les processus historiques. Le présent article se propose d'examiner le cas de Sidi-Bel-Abbès en Algérie que la France a occupé durant 130 années. En cherchant à décrypter certains des enjeux coloniaux qui ont prévalu à l'aménagement du territoire, les rapports d'Alexis de Tocqueville sont à ce titre, très éclairants pour saisir les mécanismes de création de la ville. Plusieurs facteurs en fait et à différents niveaux sont à l'origine de sa fondation qui s'inscrit dans une logique de trame territoriale. La ville constitue un ensemble remarquable par sa composition et sa géométrie dont il est intéressant de rechercher les modèles culturels et techniques. Ville coloniale donc, quels ont été les fondements de sa création et de son évolution ainsi que les principes urbanistiques décisifs de l'organisation de son espace ?
 

Vanessa Rousseaux
 
Situation actuelle de la répartition spatiale du fait urbain au Maghreb

Ces quatre dernières décennies, les Etats du Maghreb (Maroc, Algérie et Tunisie) ont connu des mutations conséquentes engendrées par l'urbanisation. Pour étudier la situation actuelle de la répartition spatiale du fait urbain, nous avons utilisé comme outils : les statistiques et la cartographie. L'analyse du semis révèle une certaine homogénéité du fait urbain au Maroc alors que la concentration urbaine sur le littoral algérien et tunisien est prononcée, contrastant avec un intérieur clairsemé de villes. La répartition des densités urbaines est explicite, leur intensité diminue en suivant le gradient littoral/intérieur du territoire. En affinant notre étude, de nombreuses irrégularités à l'intérieur de cette tendance générale sont constatées. En comparant la carte des densités de population à celle des densités d'urbains, de fortes corrélations apparaissent dans leur répartition, mais celle de la population globale est plus régulière puisqu'elle obéit à des gradients plus marqués. L'état d'urbanisation des territoires maghrébins met en avant des différences non seulement au niveau quantitatif mais également qualitatif, malgré ces disparités, ils possèdent de nombreux facteurs explicatifs communs. .
 

Abed BENDJELID
 
La ville et les géographes oranais. Analyse critique des mémoires universitaires en géographie (1992-2001)

L'objectif de cette analyse critique de 269 mémoires d'ingénieur en géographie urbaine et régionale, soutenus à l'université d'Oran entre 1992 et 2001, est une façon à la fois de valoriser un potentiel ‘dormant' de travaux considérés comme secondaires et de restituer à la société une partie de la production scientifique universitaire locale. Faisant suite à un premier travail portant sur les mêmes types d'essais tentés entre 1975 et 1991, cette synthèse est structurée par l'auteur sous la forme de 4 thèmes dominants qui ont investi le champ de la ville. La présentation, le commentaire et la critique de ces thèmes qui couvrent toutes les zones homogènes physiques et toutes les strates urbaines dans l'Ouest algérien, s'organisent autour de l'extension spatiale et du fonctionnement des structures urbaines, de la production foncière et immobilière, de la péri- urbanisation et de l'intégration dans la ville, et de l'environnement urbain et du traitement de données géographiques. Certains thèmes sont subdivisés en sous-thèmes spécifiques qui répondent à des besoins de recherche précis (habitat illégal, mobilité résidentielle, transport, gestion de l'eau…) plus ou moins liés à une conjoncture déterminée Cette synthèse est un acte qui a certes, une valeur symbolique, mais qui concrètement va dans le sens du développement territorial, économique et social.
 

Saddek BENKADA
 
Un demi siècle d'extension de l'espace périphérique oranais, à travers quelques expériences politiques d'urbanisation (1948-1998).

Nous tenterons dans cette communication de mettre en évidence les grandes étapes d'extension des espaces péri-urbains oranais, à travers quelques expériences de politiques urbaines de 1948 à 1998. Le choix de la période n'est pas fortuit, il marque en effet, un moment charnière placé entre l'après-guerre et la période post-indépendance. En effet, les municipalités d'après-guerre, reprendront tous les projets d'aménagement et d'extension qui ont été suspendus à cause de la guerre. Mais, à la faveur de la reprise économique et particulièrement du Plan de Constantine à partir de 1958, la municipalité Fouques-Duparc (1948-1962), sera celle qui va engager le plus son action dans la modernisation des équipements collectifs et des infrastructures de base de la ville. Cependant, la réalisation du programme urbanistique du maire Fouques-Duparc n'aurait pas été possible si ce n'eût été la grande disponibilité de terrains situées dans les zones péri-urbaines laissées en friche. Cette période sera, en outre marquée par la délimitation visible dans le tissu urbain de zones radio-concentriques dues à l'ouverture des grands boulevards périphériques. L'Indépendance en 1962 trouva la ville en chantier. La commune n'était ni techniquement, ni financièrement en mesure de poursuivre le programme d'urbanisation d'avant 1962. Du coup, les zones périphériques connurent un arrêt de leur extension. Il fallait attendre donc, 1975 pour voir redémarrer la construction avec la création des ZHUN (Zones d'habitation urbaines nouvelles) qui, reprendront d'ailleurs les plans d'implantation des ensembles résidentiels programmés dans le cadre du Plan de Constantine. C'est l'époque de l'apparition des banlieues-dortoirs. La crise multiforme que connaît aujourd'hui la ville algérienne en général et Oran en particulier, est en grande partie due à la non maîtrise des périphéries urbaines, davantage aggravée par l'apparition aux marges des villes de nombreuses agglomérations spontanées, devenues le plus souvent des zones de non-droit.
 

Abed BENDJELID et Driss BENCHEHIDA
 
Eléments de dysfonctionnement urbain au sein d'une métropole algérienne : Oran

La lecture des mémoires de géographie urbaine soutenus à l'université d'Oran entre 1975 et 1991, qui ont porté sur Oran et sur sa périphérie formée de dix communes proches, apporte des éclairages sur leur contenu tout en mettant en évidence quelques dysfonctionnements, perçus comme les plus sensibles au début de la décennie 1990. Les auteurs tentent d'expliquer ces dysfonctionnements en se basant sur l'histoire récente de la ville et les nouvelles tendances de l'urbanisation. Empiriques, ces travaux sont d'abord fondés sur la connaissance du milieu urbain et sur l'analyse urbaine reposant sur l'application et l'amélioration des approches méthodologiques. Les domaines de recherche privilégiés couvrent deux thèmes : les problématiques de l'analyse de l'ancien tissu urbain oranais (étude de quartiers anciennement marginalisés, analyse des anciens faubourgs, approche fonctionnelle des quartiers centraux) et la problématique des nouvelles banlieues (politique foncière et immobilière, reconquête des centres-villes, réorganisation de l'espace urbain face à l'explosion du commerce de détail, amorce d'une ‘ségrégation' résidentielle physique dans la périphérie oranaise). La conjoncture, délicate et foisonnante du début des années 1990, a donné lieu à quelques travaux de qualité et a surtout permis de prendre conscience, sur le terrain, de quelques pistes de recherche à défricher pour la décennie suivante.
 

Améziane FERGUENE
 
Savoir-faire artisanaux et dynamismes locaux dans les vieilles villes du Maghreb : L'exemple de la médina de Sfax

Le ralentissement de la croissance au milieu des années soixante dix enregistré dans le «Tiers-Monde », pose la question du développement. Une des caractéristiques majeures des activités socio-économiques est qu'elles sont profondément enracinées dans l'histoire des territoires où elles se déroulent et trouvent une des sources de leur vitalité et efficacité dans les valeurs socio-culturelles locales. S'agissant de la zone maghrébine, Sfax la capitale économique du Sud de la Tunisie, constitue un cas d'étude intéressant à analyser. Comment se présentent les dynamiques économiques locales et sur quels types d'activités se fondent-elles ? Quelle place occupent dans ces processus les métiers artisanaux plus ou moins anciens et les savoir-faire correspondants ? Enfin, comment ces savoir-faire qui sont des héritages de l'histoire, s'intègrent-ils dans les systèmes productifs d'aujourd'hui et comment s'y adaptent-ils ? Telles sont les questions abordées dans cette réflexion pour conclure en quoi, certains dynamismes endogènes peuvent être en rupture totale avec le modèle de développement standard.
 

Mohamed DAOUD
 
La ville dans le roman algérien : l'espace constantinois

L'article en question se donne pour objectif d'examiner la relation personnage-espace urbain à travers une analyse thématique et sociocritique du roman « Ez-Zilzel » de Tahar Ouettar. La ville étant un domaine de recherche pluridisciplinaire, il s'appuie sur plusieurs contributions théoriques d'ordre psycho-sociologique et sémiologique pour dégager le sens du voyage du Boularouah à travers la ville de Constantine qui s'est caractérisé par un sentiment équivoque (attraction / répulsion) pour devenir un sentiment de rejet, de rupture, car la ville a connu plusieurs mutations socio-politiques qui ont renversé la hiérarchie socio-politique à cause de l'exode rural et du projet de la réforme agraire qui ont ouvert l'espace constantinois jadis clos à la basse catégorie sociale non acceptée par celui-ci car menaçant ses intérêts. C'est pour la préservation de ses terres qu'il voyage à Constantine, mais ce voyage tourne court. .
 

Abdelkader CHARCHAR
 
L'espace Urbain et le roman policier

La ville ou « l'Urbain », comme l'avait représenté les géographes grecs dans leur cartographie, constitue un espace signifiant. Les écrivains du 19ème et 20ème Siècle ont été inspirés par la cité pour produire des centaines de textes policiers. Avec cette littérature nous passons d'un imaginaire sans référence spatiale à un espace fermé qui est la ville. Et la ville dans le roman policier est un signifiant plein qui renvoie à des signifiés, lesquels symbolisent la modernité occidentale qui se manifeste par le changement social, économique et technologique. Le policier est l'archétype de ce changement. Néanmoins ce type de littérature n'a pas été adopté par la modernité arabe, au milieu d'autres transferts opérés sur plusieurs domaines. La question qui se pose est : quelles sont les causes de l'absence du texte policier dans le roman arabe ? Et ce, malgré le développement de l'espace urbain dans le Monde arabe.
 

Abdelkrim BENAMMAR
 
Densification en périphérie et "développement urbain durable" en Algérie

L'extension de nos périphéries étant arrivée à sa limite foncière, il est devenu indispensable de "retourner à la ville". A partir de ce moment, le développement urbain doit s'accommoder d'une logique de "développement durable". La densification du tissu éclaté de nos périphéries devient, alors, un acte incontournable dans l'accomplissement de cet urbanisme nouveau. Car la mise en application en Algérie, depuis l'indépendance, de politiques urbaines volontaristes en périphérie, a abouti à une situation des plus préoccupantes, tant au niveau structurel, formel que social. Il est donc impératif et urgent de 'corriger le tir', car nos périphéries sont devenues un amalgame de projets ponctuels à l'origine d'un espace urbain malsain. Dans ce contexte, faire participer l'usager au développement de son cespace" devient un paramètre clé associé à une démarche participative, qui a, d'ailleurs, fait ses preuves sous d'autres cieux. Car on s'est rendu compte que la relation Homme-Espace est incontournable. C'est cet aspect bien particulier, qui nous intéresse dans la présente recherche, car nous pensons que ce type d'urbanisme devrait, désormais, s'incruster de plus en plus dans nos "mœurs urbanistiques".
 

 

 
 
Copyright 2004 © Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle. crasc@crasc.org