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RESUMES DES ARTICLES
INSANIYAT N° 19-20 (Janvier-Juin 2003)
Historiographie maghrébine : champs et pratiques
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Hassan REMAOUN |
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L'intervention institutionnelle et son impact sur la pratique historiographique en Algérie : la politique " d'Ecriture et de Réécriture de l'histoire ", tendances et contre-tendances.
Depuis l'indépendance du pays et surtout à partir des années 1970, l'Etat algérien va avancer parmi ses priorités la nécessité d'une " Ecriture " et " Réécriture " de l'histoire nationale, ceci afin de reconsidérer tout ce qui avait été produit en la matière durant l'époque coloniale parce que censé être marqué par une entreprise idéologique de falsification.
Notre objectif ici est de présenter un aperçu de cette politique et de ses présupposés, tant du point de vue des orientations et moyens institutionnels mobilisés à cette fin, que de son impact sur la production historigraphique réelle (articles de revues, recherches universitaires, manuels scolaires et autres ouvrages édités).
Mots clés : Histoire coloniale - Histoire nationale - Historiographie institutionnelle - Ecriture et réécriture - Constantes nationales (thawabit) - Légitimité historique |
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Sami BERGAOUI |
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Entre institution et historiographie : articulation de l'identité locale à Sfax vers 1800.
A partir d'un lot de documents notariés relatifs à la fondation Waqf des mujâhidûn de Sfax (fin XVIIIe-début XIXe siècles) et de l'étude d'une chronique locale (écrite au début du XIXe siècle), l'auteur tente de comprendre comment une identité proprement Sfaxienne s'est donnée à voir à ce moment précis de l'histoire de la ville. L'image est construite autour de la mise en valeur du jihâd, d'un long passé islamique, d'une égale solidarité des membres de la société que ne distingue que la piété et le savoir et d'une autonomie de la cité. Quelques indices permettent de supposer qu'elle est parallèle à un mouvement de plus forte intégration des institutions de la ville à celles du pouvoir beylical de Tunis et peut ainsi être lue comme une forme d'affirmation de la communauté Sfaxienne et de son autonomie.
Mots clés : Course - Historiographie - Identité - Institution - Local - Maqdîsh - Sfax - Waqf. |
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Hugh ROBERTS |
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De la segmentarité à l'opacité.
A propos de Gellner et Bourdieu et les approches théoriques à l'analyse du champ politique algérien.
L'opacité censée caractériser la vie politique algérienne est à expliquer, pas seulement par des traits particuliers de celle-ci, mais aussi par la cécité qui frappe le regard 'savant' à partir du refus généralisé de penser la vie politique algérienne en fonction des traditions politiques du pays, dont celles des campagnes et, en particulier, des montagnes où s'enracinait le FLN-ALN lequel a constitué l'Etat algérien. Ce refus s'appuie depuis longtemps sur la théorie segmentariste telle qu'elle a été développée au Maghreb par feu Ernest Gellner dans ses recherches en pays berbère marocain, mais aussi sur les premiers écrits de feu Pierre Bourdieu sur la Kabylie qui rejoignent les thèses de Gellner au moins en ce qu'ils privilégient les rapports de parenté et ne peuvent rendre compte du rôle d'institutions politiques traditionnelles chez les populations étudiées. Cependant, un examen détaillé de l'argumentation de Gellner fait ressortir les points faibles dans celle-ci, tandis que l'analyse des travaux de Bourdieu mais aussi des anthropologues algériens se réclamant de la théorie segmentariste démontre l'impossibilité de se tenir à une vision strictement gellnérienne de l'organisation politique des populations montagnardes algériennes et, par conséquent, la nécessité d'émanciper l'anthropologie politique de l'Algérie - et partant la réflexion sur l'Etat algérien contemporain - de l'influence de la théorie segmentariste.
Mots clés : Algérie - Anthropologie politique - Segmentarité - Gellner - Bourdieu - Kabylie - jema'a. |
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Isabelle GRANGAUD |
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Un point de vue local sur le milieu du XIXe siècle. A propos d'historiens de la conquête.
Cet article se penche sur la littérature produite par des lettrés constantinois qui, en un même moment, une quinzaine d'années après la conquête de leur ville par l'armée française, se font historiens du passé de Constantine.
Dans un premier temps, sont interrogées les raisons du moindre intérêt portés à ces textes, quand précisément ils témoignent de points de vue qui bientôt n'auront plus cours, mais peut être surtout dont l'historiographie n'a finalement pas rendu compte. Ce manque tient tout à la fois à l'indigence de recherches autres que synthétiques et globales sur la période des débuts de la conquête française, a fortiori du point de vue algérien (versus militaire et français) et plus encore à l'échelle de la vie d'un homme.
Dans un deuxième temps, sont esquissés les premiers résultats d'une enquête menée autour de l'un des auteurs, Tahir B. Naggâd, personnage totalement oublié dont la reconstitution du parcours (comme interprète de l'armée d'Afrique notamment) permet de poser un ensemble de questions sur les méthodes d'approche d'un tel objet et de rendre compte de contextes et d'expériences finalement assez peu considérés.
Mots clés : Historiens - Conquête - "Rencontre coloniale" - XIXe siècle - Chroniques - Biographie / autobiographie - Interprète - Armée d'Afrique - Sources historiques - Constantine - Tahir B. Naggâd. |
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Ouanassa SIARI-TENGOUR |
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Du Palais du Dey au Palais du Gouvernement : lieux et non-lieux de la mémoire.
En 1986, une polémique a alimenté les colonnes des quotidiens algériens. Elle opposait Mouloud Kassim Nait Belkacem et Mahfoud Kaddache et portait sur une interprétation de la présence turque. Les historiens sont toujours attentifs à ce type de discours où la mémoire et l'histoire s'affrontent. Car, derrière ces jeux de mémoire, c'est la mise en place de toute une stratégie de conquête symbolique où se profile des rapports de pouvoir de la part d'un groupe. Nous avons pris prétexte du désaccord entre ces deux voix pour interroger les constructions des identités nationales à l'œuvre dans " les communautés imaginées " et la part des ambiguïtés et des contradictions qu'elles recèlent par rapport aux espaces matériels où elles s'inscrivent
Mots clés : Lieux de mémoire - Non-lieux de mémoire - Histoire nationale - Identité - Période turque - Période coloniale. |
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Fatima Zohra GUECHI |
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Les monuments et les personnalités de Constantine.
L'article traite de certains aspects historiques en rapport avec les nominations de rues, de lieux et places de la ville de Constantine, qui ont été introduits par la colonisation. Certains noms ont été remplacés par d'autres, mais d'autres plus anciens ont gardé leur présence dans la mémoire collective.
A l'instar d'autres villes algériennes, Constantine a préservé la mémoire de ses saints et illustres personnalités en empruntant leurs noms pour certaines mosquées et zaouïas.
Pour illustrer ses propos et afin d'établir un classement des noms de personnalités empruntés pour désigner l'espace constantinois, l'auteur se réfère au registre des habous de Salah Bey et au registre des décès de 1840 - 1841.
Ainsi, il répartit les noms de lieux en quatre types : les noms communs qui sont inscrits dans le lexique géographique ou fonctionnel, les noms de saints, les noms des habitants à qui s'identifient les rues et enfin les noms qui décrivent une couleur ou un attribut.
Mots-clés : Constantine - Nominations - Colonisation - Mémoire collective - Saints - Illustres personnalités - Habous - Salah Bey. |
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Saddek BENKADA |
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Un Préhistorien dans l'histoire : Gabriel Camps (1927-2002).
Gabriel Camps, né en Algérie en 1927, fut l'un des derniers grands représentants de l'Ecole d'Alger d'archéologie, préhistoire et de Protohistoire de l'Afrique du Nord et du Sahara. Il est décédé en septembre 2002 à Aix-en-Provence où il s'était installé après son départ d'Alger en 1969. Sa rencontre à l'université d'Alger, avec celui qui va devenir son maître, Lionel Balout, décidera de l'orientation de Camps vers la Préhistoire. Discipline dans laquelle, ses travaux seront reconnus mondialement ; ce qui le fait désigner comme l'un des meilleurs spécialistes de la protohistoire et de l'histoire de l'Afrique du Nord. A Alger, il succède à Lionel Balout tant à la tête du C.A.R.A.P.E. (Centre Algérien de Recherches Anthropologiques, Préhistoriques et Ethnographiques) que de la revue Libyca. A Aix-en-Provence où il entame sa carrière française ; il y crée le prestigieux L.A.P.M.O. (Laboratoire d'Anthropologie et de Préhistoire des pays de la Méditerranée occidentale).
Mots clés : G. Camps - Algérie - Le Maghreb - Le Sahara - La préhistoire - L'anthropologie. . |
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Omar CARLIER |
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Braudel avant Braudel ? Les années algériennes (1923-1932).
Personne ne peut dire, en 1928, quand Fernand Braudel publie dans la Revue Africaine, à 26 ans, un premier et très long article sur les Espagnols à Oran, que s'annonce l'œuvre géante, dérangeante et incongrue d'un génial historien. Nul doute, pourtant, que l'invention de la Méditerranée, " personnage d'histoire " sans précédent, " complexe de mers ", mais aussi bien de " terres entre les mers ", ne doive beaucoup à l'accumulation d'expériences inséparablement intellectuelles et existentielles vécues pendant dix ans depuis la rive sud .
Soudain libre de construire sa vie, sans père et sans maître, le jeune agrégé apprend un métier, explore une discipline, forge un style. Mieux, le lorrain et terrien devenu amoureux de la mer, passionné de voyages et d'archives, un peu flambeur mais travailleur acharné et imaginatif, prépare sans le savoir encore les bases d'une véritable aventure de l'esprit. Passant chaque été à Simancas, il apprend à lire la politique de " Philippe le prudent " par-dessus son épaule et depuis une terre ottomane, en géographe et en stratège, pour l'économie comme pour la guerre. Survolant la Sicile, circulant de la Castille à l'Adriatique, il regarde à Dubrovnik venir vers lui, comme au temps de Raguse, une grande barge de la mer. La Méditerranée au temps de Philippe II est là. L'espace et le temps se révèlent l'un à l'autre. La catalyse intellectuelle s'opère à l'issue d'un autre détour fécond, par Sao Paulo, et l'Atlantique, encouragée ou précipitée par Fèbvre. Braudel peut devenir Braudel, et renverser par un coup de force intellectuel prodigieux les termes de l'échange entre l'Empereur et la Mer.
Mots clés : Voyages - Archives - Hasard - Aventure - Méditerranée - Braudel. |
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Omar BESSAOUD |
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Hippolyte Lecq (1856-1922) : un agronome colonial ou la défense d'une agrologie nord-africaine
Cet article présente l'itinéraire de l'agronome colonial français Hippolyte Lecq, haut fonctionnaire de l'agriculture en Algérie au début du siècle. L'article évoque notamment ses conceptions de l'économie et de la société rurale coloniale. Lecq, à travers de nombreux écrits, expose en effet, à travers l'exemple de l'Algérie, des points de vue pertinents sur l'agriculture nord-africaine, l'économie et les sociétés rurales du début du XXe siècle au Maghreb. Il remet tout d'abord en question les appréciations relatives aux conditions naturelles, aux potentialités et vocations agricoles de l'Algérie, soulignant notamment la forte contrainte que représente le climat aride ou semi-aride pour l'agriculture, à laquelle s'ajoute des terres arables en quantité limitée. Lecq met par ailleurs en exergue l'importance de l'économie indigène. Cette démarche le conduit à souligner les limites du modèle colonial et à faire la promotion d'une " agrologie " spécifique à l'Afrique du Nord.
Mots clés : Ingénieur - Agrologie - Afrique du Nord - Colonialisme - Agriculture indigène. |
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Abdelkader CHARCHAR |
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La personnalité de l'Emir Abdelkader dans le miroir de l'Autre : traduction du livre d'Abdelkader de Gustave Dugat.
Grâce à sa grande maîtrise de la stratégie militaire, à son habileté d'homme d'Etat, à son héroïsme national dans la résistance algérienne et grâce aussi à sa profonde réflexion sur les questions intellectuelles et sa production poétique, l'Emir Abdelkader a pu dépasser les frontières et les limites de l'appréciation locale et nationale pour s'inscrire positivement dans le miroir de l'Autre.
Cet essai est une lecture du regard que porte l'Autre sur la personnalité de l'Emir Abdelkader ainsi que de la représentation qu'il en fait à travers la traduction du Livre d'Abdelkader (traduit par Gustave Dugat). Celle-ci est en fait la traduction d'une recherche philosophique écrite par l'Emir à Brousse en Turquie entre 1852 et 1855. Le titre original du livre en langue arabe est " Appel à l'intelligent et avis à l'indifférent ".
Le livre est une sorte de traité philosophique qui comprend une introduction, trois chapitres et une conclusion.
Mots clés : Le regard de l'Autre - Abdelkader - Gustave Dugat - Homme d'Etat - Le regard local - La Résistance - L'image de l'Occidental. |
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Aïcha GHETTAS |
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Pour une révision de la structure démographique de la société algéroise : données puisées des archives locales.
A partir de l'exploitation de sources locales concernant les archives de la Mahkama d'Alger et du Beït-el-Mel, notamment, les registres de dévolution de biens après décès et les registres de liquidations de successions, nous avons essayé de constituer une série de données statistiques sur la structure démographique et socio-ethnique de la société algéroise entre 1799 et 1826.
Sur le plan socio-ethnique, nous avons en effet, pu déterminer la prédominance de l'élément autochtone dans les affaires de règlement de partage entre héritiers, comme nous avons pu par ailleurs, relever le rôle joué par les nouveaux arrivants dans le renouvellement de la population. Le traitement statistique d'un échantillon d'actes de succession, s'étalant sur la période 1817-1826, nous a permis de construire un certain nombre d'indicateurs portant sur la famille algéroise, telles que sa structure, sa taille et le nombre d'enfants.
A la lumière de ces données démographiques et socio-ethniques, nous sommes en droit de nous demander, si Alger ne portait-elle pas déjà à cette époque les germes d'une société plurielle ?
Mots clés : Alger - XVIIIe siècle - Archives locales - Registres de succession - Mahkama - Structure démographique. |
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Abdelwahed EL MOKNI |
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Les nouvelles pratiques de la consommation dans les sociétés maghrébines pendant la colonisation : " Le thé et le takrouri " dans la ville tunisienne.
Cette étude anthropo-historique s'intéresse à un aspect de la vie quotidienne des sociétés maghrébines pendant la colonisation et qui concerne la consommation. On a choisi pour notre étude (divisée en deux parties) deux produits le thé et le takrouri consommés par la société tunisienne pendant la colonisation afin d'analyser les changements culturels et sociaux.
La consommation de ces produits permet de porter un regard sur le mode de consommation déterminé par l'environnement matériel et productif des hommes, comme elle représente un véritable reflet des cas d'évolution sociale, culturelle et intellectuelle de catégories sociales. Elle exprime d'une manière ou d'une autre, la culture de la société. La consommation de ces deux produits a été généralisée après la première Guerre mondiale. La consommation du thé est populaire, puisqu'elle est pratiquée par toutes les catégories sociales de deux sexes au point de devenir un mal social, tandis que la consommation du takrouri était réservée aux hommes seulement, d'où la polémique soulevée autour de son interdiction dans la société arabo-musulmane.
La consommation de ces produits a suscité plusieurs débats et convergences particulièrement entre les pouvoirs coloniaux et les élites autochtones.
Mots clés : L'histoire de la vie quotidienne - Culture de consommation - Anthropologie historique - Structure sociale - Histoire des mentalités et mémoire collective. |
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Abdelkader KHELIFI |
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Eau et pratiques rituelles dans les Ksour.
L'eau occupe une place importante dans les milieux populaires de la région des Ksour au Sud-Ouest de l'Algérie, dont le climat est saharien.
Elle revêt un caractère particulier dans l'imaginaire populaire de cette région ; cela se manifeste dans les récits populaires, les dictons, les maximes et également dans les invocations.
Tous ces discours font appel à la nécessité de sa disponibilité, à la meilleure façon de l'exploiter, à l'usage de tous les moyens pour l'acquérir tout en louant les qualités de l'eau.
Comme la société est musulmane, ses croyances sont d'essence religieuses, seulement la question de la religion demeure populaire dans tous ses aspects chez la majorité de la population, c'est-à-dire dans son rapport à l'interprétation textuelle écrite. Pour cette raison, l'eau est utilisée dans les pratiques de purification religieuse sous tous ses formes et à diverses occasions, comme par exemple lors des ablutions, des bains rituels et des franchissements des eaux usées, etc.
Ainsi le manque de l'eau dans cette région et l'immensité des terres sahariennes et steppiques font que cette ressource liquide devient par la force des choses un thème récurrent dans beaucoup de récits prodigieux et miraculeux.
On cite à cet effet, tel cavalier qui a pu creuser le sol en enfourchant sa monture, l'eau coula alors à flots abreuvant ses compagnons et leurs bêtes, et tel saint qui a permis à tous ses disciples de se désaltérer au moyen d'un seul récipient d'eau.
Mots clés : Eau - Patrimoine - Soif - Rites - Peuple - Religion. |
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Mohamed BEN MAAMMAR |
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La question de Larache " el Ara'iches " entre les visées politiques et la pression des Ulamas (l'an 1019 de l'Hégire/1610 de l'année chrétienne).
Le Maroc a connu du temps des Saâdiens de grands évènements politiques, dont celle de Larache (l'an 1019 de l'Hégire ou l'an 1610 de l'année chrétienne), qui est parmi les plus graves désastres qu'a connus le Maroc du XVIIe siècle.
Les facteurs qui ont précipité ces évènements font suite au désordre politique qui a résulté du décès d'El Mansour Ed-Dahbi (1578-1603) le plus prestigieux des sultans de l'Etat Saâdien. Le conflit qui a opposé ses héritiers tournait autour du contrôle du pouvoir et du trône. Ce qui a amené un de ses fils, El Ma'Moun à demander le soutien du roi d'Espagne en lui livrant le port de Larache comme contrepartie afin qu'il y construise la base militaire " Saint Miguel de Oltramar ".
Cette décision a irrité les savants et suscité la colère du peuple, d'où l'initiative d'El Ma'Moun de promulguer une fetwa légale justifiant son acte odieux, avec la contribution des savants de Fès.
On peut citer parmi eux, le grand savant et homme de lettres de l'Algérie à cette époque, Abou El-Abbas Ahmed Ben Mohamed El Maqqari Et-Tlemçani.
Ces savants étaient divisés dans leur appréciation de cette fetwa en trois tendances : celle qui a rendu licite l'action d'El Ma'Moun, celle qui l'a désavoué et critiqué durement, et enfin celle qui a préféré attendre la promulgation d'une autre fetwa par un autre souverain.
La question de Larache a été un coup dur pour l'Etat des Saâdiens, ne cessant de connaître l'instabilité, d'où le souhait des marocains à être gouvernés par un sultan de la trempe d'El Mansour qui était très respecté.
La population était désespérée en voyant les Souverains Saâdiens incapables de repousser les provocations de l'Etat Ibérique et ses croisades contre les côtes marocaines ; ainsi, ont-ils trouvé dans les positions courageuses des savants et cheikhs des zaouias une alternative politique et idéologique.
Mots clés : Maroc - Larache - Saâdiens - El Ma'Moun Es-Saâdi - Les Espagnols - Les savants - Les désastres politiques - Le XVIIe siècle. |
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