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RESUMES DES ARTICLES
INSANIYAT N° 22 (Octobre-Décembre 2003)
Pratiques maghrébines de la ville
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Philippe TANGUY |
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L’urbanisation irrégulière à Nouakchott : 1960–2000. L’institution de la norme légal/illégal.
L’étude de la production de l’espace urbain de Nouakchott, la capitale mauritanienne, où de nombreux nomades sont venus se sédentariser, notamment dans d’imposants quartiers irréguliers, permet de mettre au jour une indifférenciation originelle, quant à l’appropriation foncière, de la norme légal/illégal. Durant les premières années d’existence de la ville, la distinction ville légale vs illégale ne peut absolument pas faire sens pour des nomades récemment sédentarisés ; et les autorités, n’ayant pratiquement aucune conscience de l’ampleur du débordement urbain de Nouakchott et des ses conséquences, ne peuvent alors se référer à une telle dichotomie normative, largement intériorisée. De ce fait, l’origine des quartiers irréguliers de Nouakchott ne réside ni dans la transgression d’une norme, ni dans son détournement. Mais du fait des évictions récurrentes conduites par les autorités, des revendications, formulées par les habitants pour bénéficier des attributions ou des opérations de régularisations, émergent peu à peu. Ainsi, à l’indifférence originelle éprouvée par les Mauritaniens à l’égard du foncier en général – et des quartiers irréguliers en particulier -, succède l’instrumentalisation quasi-généralisée. Cet article se propose de retracer cette évolution, qui s’explique par un processus d’institution , par une construction sociale des normes et des pratiques, déterminée par les intérêts, les stratégies, les idéologies et les modes de légitimation et les modes de légitimation des acteurs de la scène urbaine nouakchottoise.
Mots clés : Espace – Sédentarisation – Foncier – Urbanisation – Illégalité – Régularisation.
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Mohamed BEN ATTOU |
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Agadir, gestion urbaine, stratégies d’Acteurs et rôle de la Société Civile : urbanisme opérationnel ou urbanité de fait ?
L’hétérogénéité urbaine d’Agadir résultait d’une triple dynamique démo-économique, socioculturelle et politico-administrative dont les paramètres aboutissent à une agglomération duale et polynucléaire qui nécessite des restructurations institutionnelles, stratégiques et opérationnelles.
Urbanisme opérationnel ou spontanéité urbaine ? Telles sont les questions que posent cet article, qui vise à analyser les obsessions qui construisent la logique de l’urbanisme dans cette ville : (pouvoir, doctrine administration, ou bien tension sociale), à travers une approche critique.
Agadir qui a subi le séisme de 1960 a été reconstruite selon un schéma d’aménagement classique qui s’est trouvé vulnérable face à plusieurs défis relatifs à la planification et à la gestion urbaine.
Le séisme a laissé des traces indélébiles dans la mémoire collective et sur le mode d’organisation et de fonctionnement urbains, mais les efforts de modernisation de la ville ont fait de la ville un laboratoire d’urbanisme dont les dysfonctionnements nombreux influent négativement sur la gestion du transport collectif.
Malgré ces handicaps, Agadir s’est structurée selon ses propres mécanismes pour devenir une capitale régionale et une métropole économique. Mais dés l’an 1985, Agadir est devenue victime de sa propre dynamique, d’où l’intervention de la société civile à travers deux principes d’approche : action/pression.
Mots clés : Agadir – Hétérogénéité urbaine – Triple dynamique – Agglomération – Polynucléaire – Société civile – Aménagement urbain – Gouvernance – Identité urbaine. |
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Abdelala BOUNOUH |
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Les enjeux du réaménagement et la revalorisation d’un espace majeur du centre de Tunis : la ville européenne.
Le centre de Tunis qui associe deux noyaux distincts à savoir médina et ville européenne a connu des mutations profondes et des prolongements périphériques au cours des trois dernières décennies, sur le plan commercial et de l’afflux des populations rurales qui ont occupé le vide laissé par les citadins tunisois qui ont préféré s’installer dans la périphérie de la ville. Quant à la ville européenne elle subit les mêmes problèmes d’appauvrissement et de vieillissement, d’où la nécessité de réaménager et revaloriser cet espace majeur du centre de Tunis.
Ainsi la question de la centralité se pose en termes de renforcement des attributions et de rayonnement en vue d’une intégration dans le contexte économique mondial.
Il s’agit tout d’abord dans cet article, de faire l’historique de la ville européenne, d’exposer ses différentes influences architecturales dont les styles varient énormément, de signaler le processus de sa tertiarisation et de sa paupérisation, avant d’entreprendre toute action de revalorisation.
Dans ce sens, la reconquête du centre ville et l’amélioration du cadre de vie passent nécessairement par la prise de conscience des pouvoirs publics de l’importance de ce patrimoine urbain qui commence à prendre de la consistance et se prolonge sur le terrain.
Mots clés : Le centre de Tunis – Médina – Ville européenne – Reconquête – Cadre de vie – Centralité – Influences architecturales – Tertiarisation – Paupérisation – Cadre bâti. |
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Farida NACEUR, Abdellah FARHI |
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Les zones d’habitat urbain nouvelles en Algérie : inadaptabilité spatiale et malaises sociaux, cas de Batna.
Contrairement aux quartiers individuels, les ZHUN tendent à devenir un symbole de nuisance et de délabrement. Leurs occupants vivent des contraintes quotidiennes et des malaises permanents.
Cet article tente de lever le voile sur ces malaises et de mettre en exergue les raisons qui les sous-tendent par le biais d’une analyse comparative ente les ZHUN et quartiers individuels dans une ville moyenne de l’Est algérien : Batna.
L’étude s’appuie sur la technique d’observation et d’enquête par questionnaire portant sur un échantillon de 250 habitants choisis à travers les deux quartiers (Bouakal et Chikhi), et visant à identifier les facteurs régissant les mécanismes d’occupation des quartiers traditionnels qui permettent le maintien des réseaux de solidarités à travers les quartiers individuels. Cela nous permettra dans un second plan de nous interroger sur les causes de la disparition de ces mécanismes dans les ZHUN et leurs incidences tant sur le cadre de vie que sur les occupants des ZHUN eux mêmes.
Mots clés : Malaises – Dégradation – Inadaptabilité – Contrôle – ZHUN – Quartiers individuels.
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Abla ROUAG-DJENIDI |
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Espaces de femmes dans les territoires urbains.
En Algérie, les espaces féminins étaient essentiellement les espaces domestiques de la maison traditionnelle où la femme régnait sur les activités et le groupe domestique. Les espaces publics urbains étaient des espaces masculins Nous assistons actuellement à une évolution dans la condition de la femme mais également dans sa relation à l’espace urbain qui est de plus en plus investi par la population féminine. L’espace domestique s’ouvre de plus en plus à l’homme, en restant toutefois le territoire privilégié de la femme et la ségrégation espaces masculins/espaces féminins, prépondérante pendant des siècles en milieu urbain est en train de disparaître progressivement. Cet apparent retournement reste toutefois relatif, le rapport de la femme à l'espace demeurant fortement balisé, réglementé et les espaces publics malgré une forte fréquentation féminine purement fonctionnelle continuent à être les territoires masculins.
Mots clés : Espaces urbains – Logement – Territoires – Femmes – Algérie.
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Marc LAVERGNE |
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Fracture sociale et fragmentation spatiale dans un processus de métropolisation : le cas d’Amman.
La forte primatialité de la capitale jordanienne s’inscrit dans le développement d’une région métropolitaine qui rassemble plus de la moitié de la population urbaine du pays.
Cet ensemble, qui monopolise les fonctions de commandement interne, est le théâtre d’un processus de métropolisation impulsé par l’Etat, mais qui ne lui confère qu’un rôle mineur à l’échelle transnationale.
Elle a cependant pour effet l’aggravation des clivages spatiaux et sociaux qui caractérisent depuis l’origine la croissance urbaine de la capitale : Amman est divisée en deux parties, Est et Ouest, de plus en plus étrangères l’une à l’autre, dichotomie brutale qui se retrouve dans la conurbation Amman-Rousseifeh-Zarqa, qui n’est prise en compte ni dans l’aménagement urbain ni dans les limites administratives. La diffusion des emprises et des fonctions urbaines sur une vaste aire périphérique, la « région métropolitaine d’Amman », se traduit par l’implantation d’enclaves et de d’îlots urbains en milieu rural, sans pour autant réduire l’écart entre une Jordanie tournée vers une modernité importée et une Jordanie du terroir, autochtone ou transplantée de la Palestine voisine.
Dans un contexte de crise politique régionale et des difficultés économiques rémanentes qui en découlent, la politique officielle qui conduit à l’accentuation de ces clivages porte en elle les germes de déstabilisations futures.
Mots clés : Métropolisation – Fragmentation urbaine – Moyen-Orient – Jordanie – Amman.
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Abdellah KHIARI |
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Transformations rurales sur le piémont méridional des Aurès.
Les mutations, tardives, sur le Piémont saharien ont été amples et rapides car, l’initiative individuelle, essence de toutes les dynamiques paysannes en Algérie, a longtemps été bloquée, ici, par l’appropriation collective des terres. L’éclatement de l’indivision à partir des années 1970, complété par la loi incitative de 1983 instaurant l’A.P.F.A., aidé par un environnement favorable (disponibilité des terres, présence d’une nappe riche en eau, utilisation de la technique du forage), ont libéré l’initiative des fellahs et provoqué des mutations profondes.
La commune de M’Zirâa située ; en amont du Piémont uni aurassien, est un modèle réduit de cette dynamique de transformation ; plus d’un millier de jardins supplantent aujourd’hui les anciens parcours sahariens, produisant une large gamme d’espèces maraîchères qui attire des centaines de négociants venant toutes les régions d’Algérie.
Les mutations géographiques et socio-économiques sont généralisées, (déplacement de l’habitat de la montagne vers la Plaine, abandon du système agropastoral au profit d’une mise en valeur intensive moderne, accroissement rapide de la population de la commune dû à l’afflux migratoire provoqué par le nombre important d’emplois créés par ce nouveau système de production. Les premiers signes de richesse de la population M’Zirâa peuvent être observés à travers la multiplication des maisons en dur en rase campagne et celle des tracteurs et fourgonnettes bâchées garées près des bâtiments des exploitations agricoles.
La belle réussite des M’Zirâa se voit notamment à travers la dynamique de leur marché quotidien, qui dure de décembre au mois de juillet et qui draine chaque jour entre 500 et 800 camions venus de tous les coins d’Algérie en quête de produits maraîchers.
Cependant, ce mouvement, si intense, a ses faiblesses ; l’utilisation anarchique et abusive des eaux souterraines risque de mettre en péril tous les investissements consentis à ce jour. Le degré du rabattement de la nappe est alarmant ; partout on signale l’enfoncement des eaux de forages de 10 à 20 mètres en été, alors qu’en hiver, le niveau ne remonte que de 2 à 5 mètres ; ce déséquilibre s’accentue d’année en année. Seule une politique fondée sur l’utilisation rationnelle des eaux peut épargner ce mouvement de l’éclipse quasi certaine, au cas où les conditions de l’exploitation de la nappe ne changent pas.
Mots clés : Plaine de M’Ziraa – Mutations rurales – Serriculture – Forage – Attraction – Système intensif.
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Gilles FERREOL |
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Mondialisation et dynamiques culturelles.
L’auteur de cet article propose en premier lieu de faire une lecture critique d’un ouvrage collectif placé sous la direction de Daniel Mercure et intitulé : Une société-monde ?
Il s’interroge notamment sur un double processus d’uniformisation et de diversification qui génèrent plusieurs rapports complexes d’opposition ou de connivence, d’hégémonie ou de coopération.
Pour faire face à cette nouvelle situation mondiale, trois grandes conceptions peuvent être mises en avant : soit se situer dans le giron universaliste, soit se situer dans la mouvance relativiste, la troisième approche s’efforçant de surmonter ces apories en s’intéressant à des « systèmes d’interaction concrets et singuliers ».
Un second ouvrage dont le thème porte sur les identités est également analysé par l’auteur. Plusieurs intervenants ont traité de questions multiples relevant de l’ethnicité, de la religion, les cultures créoles, les minorités, les langues,… qui soumises à la dialectique de la binarité particulier / universel, ne manquent pas de soulever des discordes, ce qui suppose pour l’auteur, un dialogue permanent entre les cultures.
Mots clés : Mondialisation – Ouvrage collectif – Double processus – Uniformisation – Diversification – Ethnicité – Religion – Minorité – Dialogue des cultures.
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Salem LABIADH |
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La culture de l’entreprise et l’impact de la mondialisation au Maghreb : l’exemple tunisien.
L’article étudie la nature du rapport entre la mondialisation, en tant que système de symboles et de valeurs présentés comme universels, et la culture de l’entreprise concrétisée dans un certain nombre de valeurs organisationnelles.
L’auteur présente plusieurs définitions à la culture, à la culture du travail et à la culture de l’entreprise.
Considérant que l’action culturelle concrétise l’intégration des individus dans le groupe et organise leurs relations dans la société, il met en évidence les notions de la culture de l’entreprise qui est en rapport avec la politique d’intégration et de motivation des travailleurs dans la quête du sens et de la signification à l’action humaine.
Cela étant fait, le chercheur s’attaque au fond du problème qui relève des effets locaux de la mondialisation à travers l’expérience tunisienne, tout en donnant des définitions au terme de mondialisation dans sa conception française et dans sa conception anglaise.
La mondialisation se détermine par quatre principales opérations : la concurrence entre les puissances mondiales, l’acquisition des technologies nouvelles, et l’expansion de la production mondialisée, l’échange de la modernisation.
Est ensuite abordé l’historique de l’expérience économique tunisienne qui est passée de l’étatisation à la privatisation. Soumis à de graves problèmes économiques, les pouvoirs publics ont été obligés de signer plusieurs accords avec le FMI et la Banque Mondiale et de soutenir le processus de privatisation de secteur publique, ce qui suppose une refondation de la culture de l’entreprise.
Mots clés : Culture de l’entreprise – Mondialisation – Valeurs organisationnelles – Culture – Technologies nouvelles.
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Mostefa BENABBOU et Peter BEHNSTHEDT |
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Etat actuel de la frontière linguistique entre l'arabe et le berbère.
Pour analyser l'état actuel de la frontière linguistique au Nord du Maroc et pour situer la carte linguistique de l'arabe et du berbère, les auteurs ont eu recours aux travaux d'historiens notamment coloniaux. A la fin du XXème siècle, beaucoup de chercheurs marocains et étrangers ont essayé de refaire ce travail sans changements notables dans la perception de la carte linguistique de cette région, d'où la nécessité d'un autre regard. Pour ces deux auteurs, l'évolution est notable car le berbère a beaucoup perdu d'espace au détriment de l'arabe au Nord et au Sud-Est d'Oujda. Dans la région de Taza, la situation ne paraît pas changer de la même manière, car les limites entre l'arabe et le berbère, ne sont pas aussi rigides que les autres idiomes, il y a même une union linguistiques entre les deux langues.
Les cartes en annexe de l'article illustrent bien que la frontière entre les deux langues n'est pas abrupte.
Mots clés : Frontière linguistique - Carte linguistique - Langue arabe - Langue berbère - Nord marocain. |
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