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RESUMES DES ARTICLES

INSANIYAT N° 23-24 (Janvier-Juin 2004)
Oran, une ville d'Algérie

 

 

Abed Bendjelid , Mohamed Hadeid , Abdellah Messahel , Sidi Mohamed Trache

 

Différenciations socio-spatiales dans les nouveaux espaces urbanisés d'Oran

La croissance urbaine de l'agglomération oranaise (832 000 habitants en 1998) a été, dans l'ensemble, rapide, caractérisée par l'émergence d'une série de noyaux habités, planifiés et non planifiés, plus ou moins fragmentés. Phénomène classique, le desserrement en direction de l'espace périurbain est à la fois géographique et démographique. Principalement intra-urbaine, la mobilité résidentielle s'est fortement accélérée durant la décennie 1990.

La municipalisation des terres au profit des communes, décidée en 1974 par le pouvoir politique central, a été au cœur des enjeux fonciers impliquant l'État, les collectivités locales, les communes et les groupes sociaux ; c'est ainsi qu'il faut comprendre la configuration fragmentée de l'espace métropolitain oranais (carte 1). A côté des assises foncières attribuées réglementairement, les terrains publics récemment squattés ont été occupés par des ménages à dominante urbaine, même si des populations rurales ont participé à une mobilité dopée par l'insécurité des campagnes durant la décennie 1990.

L'insuffisance en matière de viabilisation et d'équipements collectifs caractérise les divers fragments périurbains. Toutefois, les structures commerciales privées commencent à organiser l'espace périurbain grâce à l'émergence de petites centralités périphériques. Le recours à la centralité des quartiers du Centre-Ville et de Médina-Jdida apparaît différencié et se fait selon la localisation des multiples noyaux habités ; voire, les habitudes sociales liées à la fréquentation commerciale semblent perdurer pour les populations soumises à une domiciliation résidentielle périurbaine. De toute façon, si la différenciation géographique est prouvée, la différenciation sociale, quant à elle, semble encore peu marquée au sein de l'espace périurbain oranais.

Mots clés : différenciation - desserrement périurbain - groupes sociaux - foncier - mobilité - centralité.

 

Tewfik Guerroudj
 

Les enjeux de l'organisation de l'agglomération oranaise

Les analyses et constats empiriques confirment l'impression qu'Oran se banalise. En corrélation avec le tournant de la fin des années 1970, le mouvement de complexification qui caractérisait l'évolution urbaine s'est ralenti. Il a même régressé dans des domaines tels que la hiérarchisation de la voirie et les services urbains.

La banalisation de la ville s'explique, dans une assez large mesure, par le rôle confié au marché qui produit, à la fois, un plus grand choix de produits en chaque lieu et une diminution de la variété de l'offre globale, car les mêmes marques se retrouvent partout.

Dans la compétition entre villes, pour l'attraction des investissements et des employés qualifiés, les formes actuelles de la mondialisation défavorisent les villes qui se banalisent. En effet, pour s'adapter à l'évolution des usages et des besoins, de nouveaux espaces, de nouvelles formes spécifiques et différenciées, qui contribuent à la complexification de la ville, doivent être régulièrement produits.

Mots clés : forme urbaine - banalisation - composition urbaine - fonctions urbaines - externalité.
 

Fatima Tahraoui
 
Si-Salah, difficultés d'aménagement d'un quartier illicite à Oran

L'habitat illicite, produit de capacités d'initiatives et d'organisation des groupes sociaux exclus des mécanismes d'appropriation légale, s'inscrit dans l'espace urbain au gré du relâchement du contrôle des gestionnaires. Et lorsqu'il est préconisé des solutions d'aménagement, les contraintes sont telles dans certains cas que toutes les tentatives d'organisation de ces espaces ne prennent pas forme. Tel est le cas pour le quartier Si-Salah, qui a traversé toutes les étapes historiques d'Oran depuis la seconde moitié du XIX e  siècle. Sa population, établie depuis une longue date et regroupée selon l'origine géographique, a toujours vécue dans l'incertitude. L'éventualité de l'évacuation du quartier a déteint sur le cadre bâti et le cadre de vie. L'anarchique de l'établissement des habitations, le sous-équipement et le manque de contrôle de l'extension et densification font qu'aujourd'hui son aménagement pour une meilleure intégration dans le tissu urbain est hypothétique. L'ancienneté des habitants a renforcée le sentiment d'appartenance à la ville ; celui-ci se manifeste par des négociations avec les gestionnaires afin d'obtenir une contre-partie conséquente pour quitter les sites retenus par le bureau d'études chargé du projet de résorption de l'habitat précaire du quartier : c'est une opération ardue, et sa réussite dépendra de l'adhésion des habitants au projet mais, surtout, des moyens mis en œuvre pour satisfaire leurs attentes.

Mots clés : Algérie - Oran - habitat illicite - formules de résorption - contraintes d'aménagement.

 

Ammara Bekkouche
 

Images d'Oran

Chaque ville, par son identité et son caractère, existe dans les représentations de ses habitants et de ses visiteurs. Qu'ils en soient natifs ou non, ils expriment des sentiments qui, au gré des circonstances, véhiculent des témoignages où apparaît une certaine exaltation des souvenirs.

Oran, grâce à ses artistes et écrivains, exportera quelques images métaphoriques plus ou moins marquantes d'une époque ou d'une situation. Mais c'est à travers des images plus concrètes de sa réalisation au quotidien que s'expose la réalité des pratiques tant institutionnelles qu'informelles. C'est dans un climat de bouleversement avéré des données démographiques, sociales et économiques que s'effectuent les conceptions d'aménagement d'Oran. Elles reflètent les difficultés d'une Algérie indépendante affirmant sa modernité face aux contradictions d'une société en quête de ses valeurs culturelles.

Mots clés : image - représentation - modernité.

 

Badr-Eddine Yousfi
 

La gestion des transports en commun à Oran : quelle logique ?

Face aux grands défis de réalisation des infrastructures dans les grandes villes algériennes, des efforts supplémentaires doivent être effectués pour tendre ainsi à une meilleure rationalisation de la gestion urbaine et, notamment, des transports urbains.

A Oran, la mutation de ce secteur se distingue par l'ampleur des petites entreprises privées, le recul flagrant de la régie communale, le changement de type de véhicule utilisé ainsi que des tracés, mais surtout par l'émergence d'une nouvelle logique du fonctionnement du réseau, qui s'articule selon l'importance des associations et des syndicats de transporteurs privés.

Par conséquent, la normalisation devient quasi impossible, car les entreprises privées contrôlent la gestion du réseau sur terrain et imposent leur logique.

Ainsi, la question du choix technique devient la première préoccupation de l'autorité organisatrice (minibus ou autobus ? tramway ou métro ?), alors que les processus de prise de décisions, impliquant tous les acteurs (les différentes directions, localités et usagers), devraient être considérés comme prioritaires.

Au-delà de ce questionnement parfois technique, la problématique des transports s'est progressivement élargie à la question de la gestion des mobilités ainsi que des principes d'organisation et d'aménagement dans les espaces récemment urbanisés.

Mots clés : transport collectif urbain - gestion urbaine - libéralisation - petite entreprise privée - Oran.
 

Abed Bendjelid
 

Oran face aux actions d'aménagement urbain d'Alger : similitudes, modulations et effets de l'image de la capitale sur les pouvoirs locaux

Comme dans tous les pays, la capitale demeure le symbole dans le domaine de l'amélioration du cadre de vie pour les autres villes de l'armature urbaine, leurs autorités locales et leur population.

En matière de développement économique, les décisions politiques prises par le Centre ont eu les mêmes répercussions sur l'extension physique des villes et leur gestion administrative. Ampleur de l'étalement urbain, desserrement spatial et démographique, fragmentation des noyaux habités, non-maîtrise foncière, sous-équipement des nouveaux agrégats périurbains, etc., caractérisent Oran, dont la configuration se modèle, toute proportion gardée, sur celle d'Alger, mais avec une quinzaine d'années de retard.

Depuis 1962, par ses actions d'aménagement et d'urbanisme, la capitale a déteint sur Oran, principalement sur ses gestionnaires (wali, services techniques, élus…), sur les divers pouvoirs locaux (notabilités, lobbies…). Que les actions d'urbanisme soient bonnes ou mauvaises, réussies ou avortées, la fonction, le symbole et l'image d'Alger capitale méritent tout de même une adaptation plus concrète des différents types d'opérations aux réalités locales et aux problèmes vécus par la ville d'Oran.

Mots clés   : centralisation - acteurs locaux - image de la capitale - conflits urbains - actions d'aménagement - phases décennales - Oran.

 

Jean-Pierre Frey
 

Figures et plans d'Oran : 1931-1936, ou les années de tous les Danger

En application de la loi « dite Cornudet » (du 19 mars 1919 et actualisée en 1924) prescrivant l'établissement de plans d'aménagement, d'embellissement et d'extension (PAEE), la Ville d'Oran fit appel à la Société des plans régulateurs de villes des frères et fils Danger dès la fin des années 1920. Associés pour cette occasion à l'architecte oranais Wollf, ces urbanistes élaborent des documents présentant un intérêt manifeste non seulement pour suivre l'évolution des grands traits de cette agglomération mais aussi pour mieux comprendre les raisonnements, méthodes et moyens envisagés pour appliquer aux départements d'Outre-mer une législation faite avant tout pour la métropole. C'est ce PAEE que Gaston Bardet, autre architecte-urbaniste de renom, eut à charge d'actualiser en 1948.

L'auteur s'attache à mieux faire connaître ces personnages représentatifs d'un urbanisme qu'on a pu dire « culturaliste », à travers une analyse qui a le souci de rendre compte de l'attention portée alors aux morphologies urbaines et sociales, en particulier aux relations entre les divers types de population selon qu'elles furent considérées comme européennes ou indigènes.

Mots clés : Oran - urbanisme culturaliste - plan d'aménagement, d'embellissement et d'extension - René, Raymon et Paul Danger - Gaston Bardet.

 

Saddek B enkada
 

Savoirs militaires et modernité urbaine coloniale. Le rôle des ingénieurs du génie dans la transformation des villes algériennes : le cas d'Oran (1831-1870).

Oran avait été, en raison de son passé d'enclave militaire espagnole, une importante place de guerre conçue sur le modèle européen. Le port de guerre de Mers-el-Kébir constituait un important point d'appui maritime. Stratégiquement, Oran et son port de guerre furent parmi les premiers établissements à être occupés par les troupes françaises en 1831.

L'administration civile de la ville et, en particulier, les services techniques constitués par de rares ingénieurs civils sont restés pendant longtemps tributaires des officiers du génie. Les travaux d'édilité publique et de reconstruction de la ville étaient principalement le fait des officiers du génie. Ces derniers y apportèrent tous leurs savoirs en matière de techniques de fortifications, de représentation de l'espace, et même de conservation archéologique et monumentale. On relève également leur grande influence dans la composition urbaine. Oran constitue, à cet égard, un intéressant cas du processus de mise en place de la modernité coloniale en Algérie.

Mots clés : Oran - génie militaire – urbanisme colonial – formes urbaines.

 

Abdelkader K helifi
 

Hassan Boulahbal, muphti de la ville d'Oran

Le cheikh Boulahbal (Hassan Ben Mohamed Ben Ahmed Ben Mohamed El-Yadri) est né à Khenchela en 1897. Son père était magistrat. Il entama ses études dans son propre milieu familial, puis il a poursuivi son apprentissage à Khenchela, auprès d'autres enseignants.

Il s'est rendu en 1909 à la mosquée Zitouna, en Tunisie, où il est resté pendant quatre années, s'adonnant à l'étude des sciences de la chari‘a et des fondements de la religion (théologie). A la fin de son cursus, il est revenu à Batna, à Khenchela puis à Aïn-Beïda pour y exercer en tant qu'enseignant.

Après avoir réussi, en 1931, à un concours pour le choix des muphtis, il a été nommé à cette fonction dans la ville de Bejaïa, où il resta pendant dix ans avant d'être reconduit au même poste dans la ville d'Oran en 1941.

A Oran, il s'est installé à la mosquée El-Bacha, connue de la population sous le nom de « Mosquée des Turcs » (Djamâa Et-Turck). Dans cet espace de culte, il a pratiqué plusieurs fonctions, dont celles de jurisprudence, de conseiller moral, d'imam pendant la prière du vendredi et en tant que membre de l'Association des habous.

Il jouissait d'une grande éloquence, et d'une vaste connaissance dans diverses disciplines (théologie, langue et poésie). Il a légué un recueil de poèmes, des ouvrages de théologie.

Boulahbal était une personne très humble, ne faisant aucune différence dans ses rapports avec les différentes catégories sociales.

Il meurt en 1944, et son enterrement a eu lieu au mausolée de Sid-el-Houari, à Oran.

Mots clés : Boulahbal - cheikh - poète - muphti - cours - Oran - religion - science - colonisation - réforme.
 

Mohamed Ben Maammar
 

Description d'Oran : le manuscrit du voyage « habibien » oranais

Le voyage a inspiré nombre d'hommes de lettres, dont les récits offrent souvent une richesse d'informations appréciable pour l'historien ou le géographe. Beaucoup d'Algériens ont voyagé tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de leur pays, notamment au Maroc, en Egypte, en Syrie, en Arabie Saoudite, ou dans les pays européens. D'autres voyageurs ont fait le parcours inverse en visitant l'Algérie.

On peut citer parmi ces derniers Ahmed Ben El-Aïchi Ben Abderrahmane Skirdj (1295-1363 de l'Hégire/1878-1944). Ce natif de Fès est un fervent adepte et défenseur de la tariqa Tidjania. On lui doit de nombreux écrits : biographies, ouvrages de littérature, des mémoires et un précis sur la tariqa Tidjania. Il entreprit également de nombreux voyages à l'intérieur et à l'extérieur du Maroc, qu'il relata dans le Voyage zidanien, la Finalité du voyage en compagnie de Sidi Mahmoud et le Voyage mecquois.

Son voyage en Algérie se situe à la date du mois de joumadi deux, de l'année 1329 de l'Hégire (juin 1911), et a duré trois semaines, visitant Oran, Mostaganem, Tlemcen et Sidi-bel-Abbès. La même année, il rassembla ses notes de voyage dans un ouvrage intitulé le « Habibien » et Instructif Voyage oranais. La ville d'Oran est au cœur de cet ouvrage, qu'il identifie à son muphti, lui-même originaire du Maroc : il s'agit de Habib Ben Abdelmalek. Ce dernier lui a conseillé de visiter Oran et l'a invité chez lui lors de son passage dans la ville. L'ouvrage, rédigé à la main par l'auteur, a été en tant que tel et uni daté à l'imprimerie El-Hadjaria.

L'auteur y présente une description très précise de la ville, citant les personnes qu'il a rencontrées, en portant un grand intérêt aux biographies des notables d'Algérie, et aux différentes recherches scientifiques produites par les Marocains et les Algériens qu'il a pu contacter à Oran et en d'autres villes.

Mots clés : Oran - voyage habibien - Ahmed Skirdj - manuscrit – el Habib Ben Abdelmalek - noms propres - Tidjania - el-marsa (port) - el-balda el-djadida.

 

Ahmed D ellai
 
 

L'assassinat du cheikh Belguendouz par Hassan, bey d'Oran, en 1829

Dans l'Oranie agitée de la fin de la régence turque, la répression exercée par le dernier bey d'Oran, Hassan, s'est particulièrement abattue sur les hommes de piété et d'étude, le « marabouts », accusés, en raison de leur popularité, d'être à l'origine des troubles.

Le document que nous présentons ici est un chant en langue arabe algérienne relatant l'assassinat de cheikh Belguendouz en 1829, rédigé par l'un de ses élèves. Ce texte est intéressant à d'un titre : en tant que document historique ayant comme « saisi » l'événement sur le vif, mais aussi en tant que document linguistique et ethnographique puisqu'il nous restitue un événement qui a marqué les consciences des Algériens d'alors, avec les mots d'époque et dans une forme littéraire locale.

L'historiographie écrite locale nous sert ici d'appoint pour compléter l'éclairage historique de ce document qui est avant tout un chant populaire à coloration religieuse.

Mots clés : Oranie - poésie populaire - confrérie - période turque - histoire.

 

Miguel Ángel de Bunes Ibarra
 
 

Oran, un prototype de société de frontière dans l´Espagne moderne

Les processus d'expansion des Espagnols et des Ottomans dans la Méditerranée occidentale convertissent le Maghreb central en une zone de conflit entre les deux empires. Plusieurs villes furent fondées aux fins de surveiller les mouvements de l'adversaire, outre de lutter pour contrôler le territoire voisin à chacune de ces enclaves. Les tensions politiques et militaires sont bien connues, ayant été étudiées par l'historiographie traditionnelle. Ce qui résulte de particulièrement intéressant, c'est la création d'une société de frontière qui permet des changements par rapport à ceux de la métropole d'origine. Oran, Mers-el-Kébir se convertissent, par conséquent, en des lieux où s'organise une nouvelle société, avec ses règles et manières spécifiques permettant de créer une nouvelle réalité qui a perduré tout au long de l'époque moderne.

Mots clés   : Oran - Mers-el-Kébir - zone de conflit - Espagnols et Ottomans - société de frontière.

 

Beatriz A lonso Acero
 
 

Oran, une société multiculturelle de la Méditerranée occidentale

La conquête espagnole de Mers-el-Kébir (1505) et celle d'Oran (1509) ouvrent la porte à la création d'un double préside qui, au delà de ses caractères militaires et de la vocation de sauvegarde des intérêts chrétiens dans les eaux de la Méditerranée face à la menace de l'Islam, se convertit en une authentique société multiculturelle. La population civile et militaire qui habite les deux places fera vite remarquer à la couronne espagnole la nécessité d'une étroite collaboration avec les musulmans et les juifs pour rendre réalisable la présence chrétienne de l'autre côté du Détroit, en générant ainsi une cohabitation entre les trois cultures, qui avait été rejetée par l'Espagne péninsulaire depuis quelques années auparavant. Le présent article étudie comment ce double préside chrétien a généré, depuis ses origines, une société où les cultures et religions ont collaboré pour parvenir à la survivance souhaitée, en analysant les traits et l'évolution des principales composantes de ce microcosme qui reproduit dans une certaine mesure le mode de vie de quelques principales villes espagnoles durant les siècles médiévaux.

Mots clés : conquête d'Oran - Oran - Mers-el-Kébir - villes frontières - société multiculturelle - cohabitation.

 

Abdelkader Boubaya
 
 

Les relations culturelles et scientifiques entre Oran et El-Adoua d'Andalousie

Cet article a pour objectif d'analyser les relations culturelles établies entre la ville d'Oran, qui a été fondée par un groupe de marins venant d'Andalousie durant le iii e  siècle de l'Hégire ( ix e  siècle), et le pays andalou musulman.

Il porte également sur le parcours des savants qui ont émigré de l'Andalousie vers la ville d'Oran. Ces éminentes personnalités, dont le nombre était très insignifiant, ont pu enrichir la vie culturelle de cette ville. Et malgré l'absence de sources qui pourraient nous éclairer sur les relations culturelles, et dont une partie a été détruite lors des différents événements ayant affecté les deux pays, Nous avons néanmoins tenté de mener à bien ce travail.

Dans cet esprit, nous avons constaté que la plupart de ceux qui ont émigré d'Oran et ont élu domicile en Andalousie, l'ont fait aux iv e et v e  siècles de l'Hégire. On s'est appuyé, pour justifier notre choix, sur différents facteurs, dont celui que représente la propriété intellectuelle et scientifique qu'ont connue les villes d'Andalousie. Les Maghrébins vivaient alors dans un désordre causé par les luttes fratricides entre les Fatimides et les Omeyyades, d'une part, et les rivalités tribales, d'autre part.

Les émigrations des savants andalous se situent vers le début du v e  siècle de l'Hégire ( xi e  siècle), provoquées par les dissensions internes aux musulmans d'Andalousie, dont une partie se sont alliés aux chrétiens, qui ont récupéré nombre de villes en possesion des musulmans.

Mots clés : relations culturelles et scientifiques - Oran - El-Adoua - Andalousie - oulémas.
 

Ismet Terki -Hassaïne
 
 

Oran au xviii e  siècle : du désarroi à la clairvoyance politique de l'Espagne

Il s'agit d'une étude qui a pour objet de reconsidérer, à partir des sources espagnoles, de la section d'État des Archives historiques nationales de Madrid, quelques faits historiques qui ont marqué l'histoire des relations algéro-espagnoles, et d'apporter un autre éclairage sur l'attitude adoptée par la nouvelle équipe politique des Bourbons, au sujet de la question d'Oran et de Mers-el Kébir, tout le long du xviii e  siècle, c'est-à-dire avant et après leur évacuation en février 1792. Il s'agit de mettre également en exergue le futur des relations diplomatiques et commerciales entre les deux pays, sans pour autant faire abstraction de l'historiographie espagnole, française ou algérienne sur l'Oran espagnol, suivie d'un bref aperçu de la période antérieure.

Mots clés   : Oran - Mers-el-Kébir - xviii e  siècle - Algérie/Espagne.
 

Ahmed Abi -Ayad
 
 

Oran, l'Espagne et Cervantès

Oran représente une importance considérable dans le cœur des Espagnols depuis la nuit des temps. Ce sentiment m'a été confirmé aussi par un grand diplomate espagnol, ancien directeur de l'Institut hispano-arabe. Nous retrouvons cet amour de notre ville chez cet illustre écrivain, Miguel de Cervantès, qui, en souvenir de sa visite en mai 1582, nous a laissé une merveilleuse pièce dramatique qui relate un événement capital de l'histoire de la ville.

Il s'agit du siège d'Oran et de Mers-el-Kébir, en 1563, par Hassan Pacha, venu d'Alger en force pour libérer les Oranais de l'emprise espagnole. Des personnages, à la fois historiques et authentiques des deux communautés, sont évoqués avec dignité et respect. Cette attitude de Cervantès vis-à-vis des protagonistes concerne également les religions en question, qui ne manquent pas de jouir, elles aussi, d'une profonde considération. Au milieu des affrontements militaires et des razzias des tribus arabes, se tissent des relations amoureuses entre les héros des deux communautés, qui évoluent et agissent dans un espace oranais que nous retrouvons et reconnaissons de nos jours. La toponymie et l'onomastique régionales trouvent d'ailleurs une place significative tout au long de cette œuvre.

Mots clés : Oran - Mers-el-Kébir - histoire - vérité - affrontements militaires - razzias - islam - christianisme - tributs arabes - siège - Médioni - Fort -San Salvador - Hassan Pacha - Alonso et Martín.
 

Meriem Moussaoui
 
 

L'hispanisme dans le parler oranais : incidence lexicale ou legs culturel

Il est vrai que l'étude d'une société à travers le langage ne présente aucune originalité, vu 1e nombre des travaux effectués jusque-là, mais l'aspect que nous proposons dans cette recherche, c'est d'abord l'étude de l'hispanisme à un double niveau :

a) comme « moment linguistique », en essayant de résoudre, de la manière la plus précise possible, le contexte social et psychologique dans lequel s'est produit le passage d'un mot d'une langue à une autre ;

b) comme espace culturel partagé par deux communautés différentes obligées de cohabiter à un moment donné de l'histoire.

Nous examinerons, en dernier lieu, la perception des éléments d'emprunt par la culture emprunteuse, leur assimilation et leur rejet, leurs effets innovateurs ou autres dans leur nouveau contexte. L'intégration linguistique des emprunts ne comprend que quelques aspects de leur assimilation à une langue ; les processus sociologiques de diffusion et d'acceptation en représentent d'autres.

L'emprunt n'est pas un indice d'appauvrissement ou de dépersonnalisation, comme certains s'accordent à le considérer. Il reste un élément culturel déterminant quant à la définition d'une communauté. Son adoption (technique, généralement) ou son rejet (souvent culturel) ne sont pas sans effets dans la société réceptrice : s'ils ne la changent pas totalement, ils contribuent au moins à son réajustement aux nouvelles données.

Les enquêtes (en cours) menées in situ ont démontré que l'emprunt correspond à un besoin préalable de la société emprunteuse, et la capacité de l'élément emprunté de satisfaire ce besoin, comme il peut être, dans certains cas, générateur de ce besoin. Ce sont les individus qui empruntent, et l'emprunt n'acquiert une signification que si l'ensemble de la société l'adopte. Or, cela dépend des situations de contact (pacifique ou violent). Ce n'est ni la distance ni la proximité ni le nombre des éléments empruntés qui déterminent la nature mais le type de rapports sociaux

Résidus de mémoire, nous dira-t-on : cela ne semble pas s'appliquer au cas étudié. Au contraire, nous remarquons, non pas une permanence puisqu'il n'a jamais été question de disparition, mais une réactivation dans certains domaines. L'exemple le plus frappant est celui du mot trabendo (hispanisme signifiant, qui a fini par s'imposer jusque dans les discours les plus officiels). L'intérêt serait de l'étudier en tant que notion, c'est-à-dire le mot en parallèle avec l'activité, voir les relations avec le pays emprunteur, voir qui l'utilise. Est-ce le seul terme espagnol employé ou est-ce que le champ lexical renferme d'autres hispanismes ? Quand l'utilise-t-on ? Comment ? Bref, enquêter le terrain sociologique avec les préoccupations d'un linguiste. Le même procédé serait valable pour d'autres secteurs (la marine, par exemple : le cas des pêcheurs de Béni-Saf qui utilisent l'emprunt par devers eux-mêmes).

Mots clés : Oran - hispanisme - langage - linguistique - emprunt.
 

Farid Benramdane
 
 

De l'étymologie de « Wahran » : de Ouadaharan à Oran

Nous tenterons de démonter et de démontrer les mécanismes d'interprétation lexicale et sémantique développés depuis la fondation de la ville et l'apparition de son nom : Wahran, Wihran, Winhran,Wihrayn, ou bien Ouadaharan, Horan, Oran, etc., en se référant à Ibn Haouqal, El-Bekri et autres auteurs des périodes médiévale, espagnole, coloniale française et post-coloniale. Nous mettrons en évidence les tenants et les aboutissants de quelques hypothèses de sens passées, leurs articulations linguistiques, les éventuels présupposés historiques et la place de l'imaginaire populaire dans quelques étymologies encore vivantes dans les usages onomastiques locaux.

Wahran fait partie de cette catégorie de toponymes qui connaissent un nombre important d'interprétations. De toutes les hypothèses qui ont tenté d'élucider l'étymologie du vocable Wahran, nous retiendrons celles qui évoquent le substrat linguistique berbère et arabe des siècles passés.

Mots clés : Oran - Wahran - toponymie - lexique - signification - imaginaire populaire.

 

 

 
 
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