Ce n’est
pas un changement de style que nous réservons
au présent numéro d’Insaniyat,
que de regrouper deux thèmes, même,
si apparemment ils ne paraissent pas avoir
entre eux un lien thématique directe.
En fait, la revue, avait déjà
inauguré cette forme d’organisation,
non pas pour des raisons d’économie
de textes ; mais, pour permettre à
de nombreux chercheurs de faire connaître
leurs travaux qui ne sont pas nécessairement
intégrés dans un même
numéro thématique.
Les deux principaux
thèmes que sont «Espace et habitat»
et «Acteurs sociaux et Altérité»,
dans lesquels s’inscrivent les sept
contributions, ainsi que les deux positions
de recherche ; sont en fait sous-tendus par
le même fil conducteur qui établit
entre eux des rapports permettant de fournir
des ouvertures sur de nouvelles réflexions
dans les divers champs de l’anthropologie.
Le premier
thème sur « Espace et Habitat
» se trouve parfaitement illustré
par trois études de cas représentant
chacune l’exemple d’un des trois
pays du Maghreb. L’article de Mohamed
Ben Attou consacré au cas de la ville
de Ksar-el-Kébir, au Maroc; s’appuie
sur la particularité frontalière
de cette ville, situation qui pour le moins,
la soumet plus que toute autre, de même
taille, à un processus de péri-urbanisation
aussi intense. L’auteur essaie d’en
analyser le processus et les mécanismes
d’extension de cette zone de la périphérie
urbaine.
Cette approche
des espaces périphériques des
villes moyennes se trouve également
au cœur de la préoccupation de
recherche que tente de cerner Sidi Mohammed
Trache à travers le cas de la ville
de Nédroma, dont il essaie d’établir
au moyen des outils d’analyse de la
géographie urbaine, le rapport qui
pourrait exister entre l’exurbanisation
et les mobilités résidentielles.
La contribution de Imad Saoula, rejoint les
thèmes précédemment abordés,
en faisant du cas de l’habitat traditionnel,
une lecture anthropologique, privilégiant
l’exemple spécifique de la symbolique
du seuil dans les rites relatifs à
la maison en Tunisie.
Concernant
encore les pratiques rituelles, Houria Abdennebi-Oularbi,
nous fait revenir en Algérie, vers
précisément une zone montagneuse
laquelle, capte son intérêt.
En se livrant à une confrontation de
l’analyse anthropologique aux complexes
réalités de la montagne du Djurjura,
l’auteur, dresse un tableau assez large
des pratiques rituelles autrefois collectives
liées à la transhumance; tout
en nous faisant découvrir la diversité
des rapports sociaux qui sous-tendent cette
pratique pastorale en milieu montagneux.
Le deuxième
thème, axé autour de la problématique
des Acteurs sociaux et de l’Altérité,
aborde d’emblée, les nombreux
questionnements dont fait l’objet le
rôle des divers acteurs qui se réclament
actuellement de la société civile,
tant sur le plan local que sur le plan mondial.
Ainsi, la contribution de Omar Derras se situe
dans la perspective locale de l’analyse
du mouvement associatif en Algérie
à l’heure des réformes.
Il y est question de la réorganisation
législative et d contrôle politico-administratif
qu’essaie d’exercer sur ce mouvement
les pouvoirs publics.
Quant à
Zoheir Ben Jennet, il invite à partager
la réflexion sur la place que pourraient
occuper les stratégies de l’acteur
de développement aux prises avec les
exigences de l’environnement local et
les contraintes imposées par la mondialisation.
Des questions
relatives aux acteurs sociaux, la contribution
de Mohamed-Larbi Aggoune nous renvoie au paradigme
de l’Altérité qu’il
essaie d’analyser à travers le
cas de l’un des épigones de l’ethnographie
coloniale en Algérie, l’interprète
militaire, Charles Feraud, dont les travaux
ethnographiques sur la Kabylie faisaient autorité
même dans les milieux académiques.
Saddek
Benkada