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RESUMES DES ARTICLES

INSANIYAT N° 28 (Avril - Juin 2005)
Espace - Acteurs Sociaux - Altérité

 

 

Mohamed BEN ATTOU : Patrimoine foncier et processus de péri-urbanisation d’une ville traditionnelle : le cas de Ksar-el-Kébir (Maroc)

 

Le fait urbain dans la péninsule tingitane est ancien. Mais, l'ampleur et les formes d'urbanisation y revêtent plusieurs aspects. Même au sein d'un même espace, le développement des villes est parfois antagoniste (Ksar / Larache).
Dans un contexte local de marges où la frontière mentale est partie intégrante de la construction de l'identité politique, religieuse, économique et sociale, Ksar a pu garder sa vivacité économique et sa cohésion sociale. Ceci, malgré une colonisation de pauvreté et une marginalité absolue depuis l'indépendance et jusqu'en 1975. Les changements hydro-agricoles et les mutations socio-économiques apportés par l'irrigation, l'amélioration des terres bours et le lancement de l'agro-industrie ont considérablement influencé le processus de péri-urbanisation dans la région. Ceci, grâce à la présence d'acteurs locaux dont la dynamique puise son énergie du sol, de l'agriculture, du commerce de gros et du commerce parallèle, mais aussi du foncier urbain et de l'agro-industrie. Par différentes approches méthodologiques, l'article traite du processus et des mécanismes de la péri-urbanisation au tour de Ksar, une ville profondément enracinée dans son contexte local à caractère frontalier. L'analyse préconisée par l'auteur, montre comment l'héritage des pratiques traditionnelles qu'elles soient d'ordre socio-économiques ou d'ordre politique ou religieux, influent sur la formation des identités locales et sur les restructurations spatiales futures. Il montre également comment les structures territoriales et la dynamique locale peuvent générer des processus de péri-urbanisation tant complexes que stratégiques.

Mots clés  : systèmes fonciers - production urbaine - ville traditionnelle - péri-urbanisation - acteurs locaux - frontière mentale - dynamique agricole.

 

 

Imad SAOULA : Le processus du symbole du seuil à l’intérieur de la maison : lecture anthropologique sur l’habitat traditionnel tunisien

 


Cet exposé a pour objectif d’examiner l’habitat traditionnel tunisien, dans ses dimensions symboliques en procédant à l’analyse de quelques éléments architecturaux et à la mise en évidence des significations implicites contenues dans ses rites.
L’élément linguistique en tant que tel révèle le poids symbolique de l’habitat. La racine du mot, qui nous sert d’appui dans notre analyse, de par sa représentation de simple contenant, dépasse cet aspect pour symboliser la stabilité, l’intimité et la quiétude. Ces attributs sont concrétisés lors de la fondation à travers les rites qui inaugurent la construction.
La porte, en tant qu’élément central dans l’expression qui désigne et symbolise l’habitat traditionnel, est présente avec ses différentes parties et caractéristiques.
L’émotion qui caractérise les actions qui entourent le seuil et cette ouverture connue sous le nom « Khoukha » ainsi que le fait d’accrocher des objets tels que les cornes ou la main sont en fait l’expression d’un système, visuel et spatial, signifiant fondé avec précision par la société.
Contrairement à la grande porte, les murs élevés et le toit obscur qui se réfèrent aux notions de clôture, de rejet des étrangers et des curieux, l’intérieur de la maison se situe dans une autre dimension, celle où s’intensifie le mouvement dépassant l’architecture et la fonctionnalité de l’espace. Dans ce cas, on est en présence d’un univers ouvert et extensif : une grande cour, découverte et dégagée ; bref un lieu où fleurissent l’imagination, les souvenirs et les rêves. Ainsi communiquent et s’interpénètrent deux modèles : celui de l’habitat matériel et celui de l’univers symbolique.

Mots clés  : habitat - symbolisme - centre - intimité - rites - sacré.

 

 

Sidi Mohammed TRACHE : Exurbanisation et mobilités résidentielles à Nédroma

 

Les différentes politiques foncières et immobilières pratiquées en Algérie durant les vingt dernières années ont fondamentalement modifié et remodelé le paysage urbain de nos villes.
Quelque soit leur taille et leur niveau urbain, elles ont presque toutes bénéficié et subi les mêmes effets de ces politiques urbaines. L’exemple de la ville de Nédroma, ville précoloniale, n’est pas isolé en soit. Après une longue stagnation urbaine, Nédroma assistera à une véritable croissance éclatée de son tissu urbain -la Médina-. Elle sort de ses remparts et déborde sur les terrains agricoles du Nord. Initiée essentiellement par les lotissements communaux, cette exurbanisation verra un desserrement de la médina en faveur d’une certaine amélioration des conditions d’habitat dans les nouveaux espaces et permettra de ce fait un soulagement démographique dans la vieille cité. Cependant, elle a entraîné une grande mobilité résidentielle intra urbaine qui a donné une nouvelle dimension spatiale à la ville : urbanisation très lâche dominée par les lotissements abritant un habitat individuel dominant et des équipements d’accompagnement mal répartis. Par ailleurs, l’intensité des mouvements migratoires et résidentiels au sein de la Médina ont eu des répercussions directes sur la dégradation de son cadre bâti par la location aux particuliers.

Mots clés  : urbanisation - politiques foncières - Médina - mobilité résidentielle - vieux bâti.

 

Houria ABDENNEBI -OULARBI : La transhumance dans le Djurdjura : un rituel autrefois collectif

 


Les monts du Djurdjura pourvoyaient en bœufs de labours (de type acarqi) les plaines de céréaliculture. L’économie de montagne avait réussi à cantonner l’activité pastorale en un lieu précis : les alpages, en une période limitée aux quarante jours de fortes chaleurs d’août : smayem. Ce début de spécialisation des tâches est un indice de dynamisme économique et de relative densité humaine.
Le rituel de transhumance était une manifestation tribale qu’ont planifié les pôles d’autorité que représentaient les zawiya relayées par les ssuq. La transhumance concernait une population de bergers qui faisaient de l’estivage un lieu de vie : approvisionnement, cabanes. Cela donnait lieu à des festivités : zerda, des chants : idebbalen, des jeux : tir à la cible. La fermeture après 1863 des zawiya comme de certains ssuq et l’économie coloniale, ont rompu les solidarités inter-tribales, ce qui a eu pour conséquence de dépouiller le rituel de transhumance de sa densité sociale jusqu'à n’être plus aujourd’hui qu’une banale manifestation économique concernant certaines familles, parfois même certains individus.

Mots clés  : transhumance - rituel collectif - tribu - terres de parcours - zawiya - confrérie Rahmanya - colonisation..

 

Omar DERRAS : Le phénomène associatif à l’ombre des réformes en cours en Algérie : réalités et perspectives

 


L’objet de notre étude est de prendre connaissance de la réalité du phénomène associatif en Algérie afin de comprendre son mode de formation et d’évolution en répondant aux questionnements suivants :

1-Quelle est la signification de cette grande prolifération d’associations? Est- ce, par exemple une réponse à la crise des mouvements associatifs traditionnels?

2-Est-ce que ce phénomène exprime des mutations profondes dans le système sociopolitique ou annonce-t-il une rupture véritable et dynamique en contradiction avec l’ancien mode de gestion de l’Etat caractérisé par une étatisation de la société et la saturation de l’Etat- providence ?

3-On s’est posé, à travers l’analyse des caractéristiques des associations et des modes de fonctionnements, les questions se rapportant au poids, aux influences, au niveau de l’enracinement dans la société de ces associations et à l’impact de leurs activités dans l’espace des forces sociales.

4-Peut–on considérer le phénomène associatif en Algérie comme un cadre organisé adéquat pour jeter les bases d’une culture démocratique qui permettrait à l’éclosion d’une société civile efficace, partenaire primordial et nécessaire des pouvoirs publics ?
Afin de répondre à ce questionnement, on traitera dans le détail, trois principaux complémentaires.

1-Les traits et caractéristiques des associations.
2-Les composantes sociologiques des cadres et responsables des associations.
3-Les positions et représentations des responsables d’associations de l’activité associative, de sa situation actuelle et future.

Mots clés : associations- société civile - droits de l’homme - démocratie.
 

Zoheir BEN JENNET : Les stratégies de l’acteur du développement entre exigences du local et contraintes de la mondialisation

 


Cette recherche traite de la question du développement à travers la prise en compte d’un certain nombre de facteurs qui ont contribué au changement de ses orientations au fil des décennies. Il s’agit, en substance, de l’introduction d’un autre élément au champ du développement, un agent mondialisé imposé par les institutions financières qui ont éliminé l’agent du développement traditionnel- c’est-à-dire l’Etat- qui a perdu sa raison d’exister en tant qu’Etat social.
L’Etat post-national est appelé à s’adapter au rythme des changements survenus à l’échelle mondiale à répondre aux exigences de la mondialisation. Seulement, la société locale n’adhère pas directement à ces choix mondiaux ; elle doit les négocier, les changer et les adopter en fonction de ses besoins locaux et sur la base de stratégies spécifiques mises en œuvre par les agents sociaux. C’est de cette manière que d’autres enjeux apparaissent, ce qui implique un autre regard à porter sur le développement qui doit prendre en considération les spécificités de la société.

Mots clés  : développement – l’agent du développement - Etat national- Etat post-national - le local - le mondialisé.

 

Mohamed Larbi AGGOUNE : Ethnographie coloniale: le cas de Charles Feraud

 


Cet article aborde le thème de l’Ethnographie "coloniale", à travers l’un des plus célèbres de ce domaine : Charles Féraud, auteur de plusieurs études et ouvrages sur l’Afrique du Nord, parmi lesquelles l’étude parue dans la Revue Africaine (1862) sur la Kabylie orientale. On y analyse les éléments suivants :
- Les premiers contacts avec la région de la Kabylie orientale.
- Quelques observations religieuses.
- Quelques particularités socioéconomiques.
- Campagne sur la tribu des Béni Khettab (orientale).
- Le Mariage et la Famille.
La présente étude a pour but de démontrer que l’Ethnographie comme source de connaissance socio- historique était un moyen, au service de colonialisme, peut-être plus efficace, que la force armée.


Mots clés : Charles Feraud - ethnographie coloniale – Kabylie orientale – tribu des Beni Khettab.

 

     
 

 

 
 
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