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RESUMES DES ARTICLES

INSANIYAT N° 03 [Septembre - Décembre 1997]
Mémoire et Histoire

 

 
Hassan REMAOUN
 
Histoire nationale et pratiques politico-identitaires: une lecture des manuels officiels en usage dans l'école algérienne (en arabe)*

Comment l'histoire nationale est-elle enseignée dans l'école algérienne? Quelles places occupent des référents tels que : Guerre de libération, Mouvement national et colonisation française, Maghreb, Civilisation arabo-islamique, Antiquité berbère, Algérie...?

C'est la question que nous essaierons d'aborder en procédant à la lecture des manuels d'histoire (une dizaine), qui sont en usage (ou l'ont été), dans les cycles d'enseignement fondamental et secondaire.
 

Saddek BENKADA
 
Mémoire écrite et histoire : Contribution à la connaissance de Msellem Ben Abdelkader. Homme de lettres et chroniqueur des derniers beys d'Oran (XIXè s.)

Le hasard peut réserver quelquefois d'heureuses surprises pour le chercheur.

Cela a été particulièrement le cas de la mention dans un document déposé aux Archives de la Wilaya d'Oran, de Msellem Ben Abdelkader, homme de lettres et chroniqueur des derniers beys d'Oran demeuré pendant très longtemps injustement méconnu. Il s'agit en l'occurrence d'un mémoire imprimé à Oran, adressé en 1858 par le muphti d'Oran, Hamida Ben Caïd Omar à Jérôme Napoléon, ministre de l'Algérie et des colonies pour le saisir d'une affaire judiciaire qui l'opposait aux autorités militaires d'Oran. Affaire, qui concernait à juste titre la liquidation de succession faite par le cadi de Mascara en 1833 après le décès de Msellem Ben Abdelkader.

Le mémoire en lui même ne constitue pas l'objet de notre étude, mais, c'est à partir de l'historique de l'affaire fait par l'auteur du mémoire que nous découvrons de nombreux détails qui éclairent d'un jour nouveau le milieu social et familial du type même du notable lettré makhzénien de ce premier quart du XIXe siècle.
 

Mohamed GHALEM
 
Le tremblement de terre dans l'historiographie traditionnelle algérienne : entre l'histoire et la mémoire

Dans sa chronique sur ORAN - " Les perles d'or ", Ibn Sahnoun : historiographe de la fin du XVIII siècle, relate des récits constitutifs du monde la terre serait un disque soutenu par une corne de taureau ou bien un disque entouré d'une chaîne de montagnes circulaires appelée "Qaf". (ÞÇÝ)

- Ces récits renvoient au système mythique de la société traditionnelle.

Il s'agit donc d'étudier un comportement collectif de longue durée.

Notre démarche consiste à établir la réalité spatiale et temporelle de ce comportement et à l'expliquer en mettant en oeuvre le concept de peur tel qu'il a été analysé dans les travaux de deux éminents historiens : R. MANDROU et G. Duby.
 

Rédouane AINAD-TABET
 
Sidi Bel Abbés: des mythes fondateurs de la colonisation à la libération

C'est une histoire de Sidi-Bel-Abbés et sa région. Elle se veut continuité et rupture en proposant une connaissance plus intime du milieu, des hommes et des évènements.

Sidi Bel Abbés n'est pas une "Terra-nullus", une création ex-nihilo de la colonisation. La présence de l'homme est attestée dans la plaine de la Mekkera depuis l'âge des métaux. La toponymie locale à consonance berbère (Tiliouine, Magramen...) les sites romains (Astacilys..) montrent l'importance de la région durant l'antiquité
  • Du 13ème siècle à 1830, l'histoire de la région se confond avec celle des Béni-Amer qui s'installent dans la plaine. Elle est présente dans toutes les résistances à l'occupation étrangère (contre les Espagnols, puis contre les Français). Lffe 19ème siècle est celui de la dépossession, de la misère et de la pauvreté. Le passage de l'Emir-Khaled à Sidi Bel Abbés en 1921 annonce la reprise historique. Malgré l'emprise de la grosse colonisation, la ville arabe se développe, l'élite déploie une activité politique, commerciale et sportive importante.
  • La guerre de libération commence dès l'automne 1955. Attentats, embuscades et grandes batailles vont se succéder dans ce qui va être la zone V de la wilaya V. La répression est dure d'autant qu'elle est l'oeuvre de la tristement célèbre légion étrangère.
 

Malika EL-KORSO
 
La mémoire des militantes de la guerre de libération nationale

Dans l'absolu et du point de vue théorique, la femme algérienne occupe une très grande place dans l'Histoire officielle de la lutte de libération nationale.

A bien voir, il y a là comme une grande manipulation symbolique, ne serait-ce que parce que la présence de la femme algérienne dans le combat libérateur est évoquée de façon circonstancielle, plus portée par le discours officieux et officiel que par les écrits historiques.

L'écriture de cette page de notre Histoire a été et reste encore une écriture masculine. La femme véritable ombre furtive reste la grande oubliée, même si à travers Djamila BOUHIRED et Djamila BOUBACHA, quelques espaces lui ont été aménagés.

Longtemps ignorée de l'Histoire, frustrée de sa mémoire, rendue presque amnésique, en tous cas absente de la vie de la nation, la femme algérienne milite pour sa présence dans le combat d'aujourd'hui comme elle a milité hier pour avoir sa place dans le combat libérateur.

La Moudjahida, combattante de l'A.L.N, représente de par sa contribution à l'effort libérateur une actrice qui intéresse l'Histoire.

Nous avons fait appel aux Moudjahidates, à leur mémoire, nous les avons questionné sur leur engagement, leur motivation, et comment elles ont traversé ces sept " années de braise " aux côtés de leurs frères de combat.

Les témoignages vivants articulés sur hier et aujourd'hui ont contribué à pallier l'amnésie historigraphique et à faire sortir les Mondjahidates de leur silence et de l'oubli historique.
 

Fouad SOUFI
 
Histoire et mémoire : l'historiographie coloniale

L'histoire intellectuelle de la période coloniale est encore à faire. L'histoire de la production historiographique montre comment s'est construit le passé de l'Algérie coloniale, comment s'est fabriquée la mémoire de cette Algérie. Place des hommes, des institutions, pratiques historiographique et transmission du savoir autant de pistes de recherches qui passent en fait par l'étude du rôle du pouvoir dans l'organisation du savoir historique en particulier et universitaire en général. Il s'agit d'abord de faire un état non exhaustif des lieux et de comprendre les mécanismes de production et de transmission des connaissances.
 

Ounassa SIARI-TENGOUR
 
Salah Bey et la cité de l'oubli.

La réflexion que nous tentons dans cet article, se veut une somme d'interrogations sur le passé de Salah Bey (1771 - 1792), dont la mémoire des Constantinois a retenu le souvenir, dans une chanson " Galou l'arab, Galou " ( ÞÇáæÇ ÇáÚÑÈ ÞÇáæÇ) à la suite de sa mort, survenue dans des circonstances tragiques.

L'histoire orale n'est qu'un prétexte pour orienter les recherches, vers une autre histoire, " une véritable histoire alternative " débarrassée des lieux communs, des aléas de la compilation.

Le souci de rendre intelligible cette période nous amène à appréhender la complexité des événements en tenant compte de plusieurs variables, interférant dans les différentes sphères du champ social,

Ainsi, si la chanson révèle une identité sociale cristallisée autour de la figure du Bey disparu, elle renferme, et c'est le plus important, -même si ce n'est pas dit explicitement- une histoire des structures (qui reste à faire) où le réseau familial semble l'emporter sur les intérêts économiques, où la configuration religieuse, sous couvert d'attitude de conciliation ou d'hostilité, interfère avec le domaine du prince, c'est à dire celui de la domination politique...

Il s'agit donc, à travers ce travail préliminaire, de postuler à un projet historiographique, en tenant compte de " l'élaboration de nouveaux modèles et de la constitution de nouvelles références en histoire ".
 

 

 
 
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