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RESUMES DES ARTICLES

INSANIYAT N° 07 [Janvier - Avril 1999]
Paysans algériens ?

 

 
Omar BESSAOUD
 
L'Algérie agricole : de la construction du territoire à l'impossible émergence de la paysannerie

Les conditions agro-climatiques, les modes d'organisation et d'appropriation des espaces par les communautés rurales d'une part, les difficultés historiques à voir émerger un Etat central, l'instabilité politique et les colonisations agraires d'autre part, semblent avoir fait obstacle à la formation et à l'installation d 'une paysannerie algérienne attachée au sol, détentrice de titres permanents de propriété, accumulant des outillages et des systèmes techniques appropriés. La possession collective, l'exploitation extensive du sol et les genres de vie "pastoraux et semi-pastoraux ont eu, jusqu'à la fin du XIXéme siècle, le primat en Algérie. La propriété paysanne de statut melk ne s 'est développée. avant la colonisation, que dans la périphérie de villes ou de cités qui ont été, dans le passé, le siège d 'Etats dynastiques, dans certains massifs montagneux ou dans les oasis. Ce sont principalement à l'intérieur de ces zones qu'a évolué une paysannerie enracinée au sol, utilisant des méthodes souvent intensives d'exploitation des sols et des ressources en eau. La colonisation française, a non seulement opéré la rupture la plus radicale dans l'utilisation complémentaire des espaces agricoles et de leurs potentialités, mais elle a ruiné, dans le même temps, toute possibilité de développement d 'une base paysanne en Algérie. L'existence d 'un immense prolétariat agricole limitait les choix d'organisation de l'agriculture algérienne au lendemain de 1'indépendance. L'examen des handicaps, à la fois naturels et historiques, méritent ainsi un détour nécessaire pour comprendre en partie les blocages auxquels se sont heurtés toutes les politiques agricoles conduites.
 

Hamid AIT AMARA
 
La question agraire aujourd'hui

La colonisation a-t-elle détruit la paysannerie algérienne ? Cette question est aujourd'hui au cœur des choix de reconstruction de l'agriculture. La sortie du système communautaire au cours du XIXème siècle ne s'est pas faite, comme en Europe. au profit d'une paysannerie consolidée, libérée de ses multiples liens de dépendance à l'égard des propriétaires du sol. Le système latifundiaire mis en place par la colonisation a bouleversé durablement les structures agraires. La vente des terres publiques ne suffit pas à redonner une base paysanne à l'agriculture.
 

Marc COTE
 
Y a t-il une paysannerie algérienne?

Le concept de paysannerie mérite d 'être clarifié. Au Maghreb la présence d'une paysannerie de montagne à côté de sociétés agro-pastorales apparaît comme un handicap que la colonisation a fragilisé et ce, à divers degrés. Après l'indépendance, l'Etat algérien a appliqué une série de réformes de structures agraires qui n 'ont pas permis la “ repaysannisation ” attendue. Pourtant, le Maghreb connaît de formidables transformations agricoles, géographiquement localisées et ce, grâce à la capacité d 'adaptation de ses populations.
 

Abed BENDJELID et Ali
 
Mutations sociales et adaptation d'une paysannerie ksourienne du Touat: Ouled Hadj Mamoun (Wilaya d'Adrar, Algérie)

Le déclin des petites palmeraies du Sahara pose problème aujourd'hui et interpelle à la fois les décideurs, les aménageurs et les habitants eux-mêmes. L'analyse de l'oasis d'Ouled Hadj Mamoun située dans le Touat est le cas typique: ksar habité, terroir irrigué par une foggara et production agricole faible, largement autoconsommée. Les causes de cette situation sont finement approchées à travers la baisse du débit de la foggara, la recomposition des rapports sociaux consécutifs à la reforme agraire et la forte contrainte imposée par le milieu naturel. Malgré tout, différentes actions réfléchies sont élaborées par la population ksourienne solidement attachée à son terroir, fortement soucieuse de la gestion hydraulique et, de plus en plus ouverte sur la vie urbaine et son mode de consommation.
 

Salah Eddine CHERRAD
 
Paysans, statut foncier et irrigation : exemples dans les Hautes plaines Constantinoises.

L'évolution contrastée de deux petites communautés rurales qui occupent deux terroirs situés à proximité d Ain M'lila. Ayant des statuts fonciers différents, les fellahs de Fourchi et d'Ouled Hamla ont rencontré des contraintes, liées à ces statuts et au rôle exercé par les tutelles administratives et techniques qui ont conditionné, en partie, les systèmes de culture pratiqués localement, Tout ceci explique la mise en œuvre de stratégie paysannes qui tiennent compte de leurs intérêts économiques, sociaux et spatiaux.
 

Mohamed GHERRAS
 
Les associations agricoles : scories des temps anciens ou formes sociales de travail pérennes dans l'agriculture algérienne?

Pratiques solidement enracinées dans le terroir, les associations agricoles, ont imprimé leur empreinte sur l'ensemble des régions céréalières, en faisant participer, depuis très longtemps, propriétaires et exploitants. Formes généralement décriées, parce que perçues comme survivances des temps anciens, les associations agricoles continuent aujourd'hui et, contre toute attente, de rendre compte des pratiques sociales de travail que l'on rencontre dans les campagnes algériennes. Loin de disparaître au contact de l'événement technologique et de la généralisation des rapports marchands, ces formes sociales de production disposent, au contraire. de véritables ressorts d 'adaptation à toute sorte d 'innovation technique agricole, parce qu'elles relèvent d 'une rationalité particulière, dont les fondements font référence, de façon implicite, au khemessat qui constituait et constitue, encore de nos jours, le socle sur lequel se déploient les associations agricoles. L'élaboration d'un modèle de référence s'appuyant sur le compte de reproduction du khemessat d'une part, son application aux contrats traditionnels et contemporains d'autre part, montre on ne peut mieux, que les normes qui régissent le khemessat, éclairent de façon remarquable, les modalités de fonctionnement des contrats agricoles actuels.
 

Mostafa MORDI
 
La société rurale, de l'autonomie à la dépendance : repères et significations

Cette étude a pour objet d'examiner l'évolution des rapports entre l'Etat et la société rurale algérienne dans une approche historique et sociologique, en tentant de répondre à la question centrale : comment, historiquement, s'est effectué le passage de la société rurale dans le cadre de son autonomie relative de reproduction, loin de toutes formes de contrainte extérieure à l'état de dépendance vis-à-vis de l'interventionnisme de l'Etat, en passant par l'Etat Turc, colonial jusqu'à l'Etat national, en mettant en relief leurs différentes stratégies et leurs impacts sur les structures économiques et sociales de la société rurale.
 

Mohamed HAMDAOUI
 
L'espace familial habité en milieu rural traditionnel : la maison et le village chez les Béni-Snouss

Dans cette étude nous avons essayé d'analyser de façon succincte, quelques aspects de 1'espace familial habité en milieu rural traditionnel, à savoir la maison et le village chez les Beni-Snouss avant 1960. En présentant les traits morphologiques de la maison, nous avons insisté surtout sur sa dimension sociale. Nous avons montré comment l'espace est régi par des valeurs et croyances faisant de lui un univers où, par excellence, les fonctions familiales sont exercées. Etant l'image de la maison, parce que conçu de la même manière, le village est montré comme un espace remplissant, à une échelle plus vaste, celle de la communauté villageoise, les mêmes fonctions que la maison, reflétant ainsi la même culture, la même vision du monde.
 

Mourad MOULAY-HADJ
 
Les origines rurales de l'ouvrier algérien

La société algérienne a connu sans conteste une mutation économique qui a influé sur la structure sociale dans les campagnes. En effet, l'industrialisation a accéléré l'exode des ruraux vers les villes dans le but d'améliorer leur niveau de vie, en accédant à des postes de travail dans les entreprises industrielles. C'est à travers ce rapport que la société rurale prend en compte la référence à l'ouvrier industriel en Algérie. Cet article tente de découvrir cette référence à partir d'une analyse de données de terrain qui visent à montrer, d'une part l'origine sociale et professionnelle de 1'ouvrier industriel, sa tendance nostalgique qui s'exprime par la préférence du travail agricole et de la vie rurale, et d'autre part à éclairer ses caractéristiques culturelles issues de la société rurale
 

Souad ABBES
 
Le modèle théorique de segmentarité, vers une vision dynamique de l'organisation sociétale

La structure sociale du Maghreb a longtemps été étudiée sous le modèle de la segmentarité, c'est-à-dire de la subdivision de la tribu en fractions de tribu. C'est en observant de près les rapports de pouvoir entre les fractions dans les Aurès, qui pour beaucoup d 'auteurs se trouvent entre les mains d'un groupe (très souvent le groupe religieux), que nous constatons que celui-ci est partagé entre les groupes structurés en damier par un système d 'alliances en évolution constante. La tribu serait une confédération de fractions agnatiques qui prétendent à la même origine tribale et qui serait essentiellement basée sur des relations de compagnonnage. C'est la première fraction agnatique établie dans le lieu qui donnera son nom aux autres fractions. Dans les Aurès, la traduction du vocable Ah dans Ahmed, par exemple, signifie gens de et non fils de, comme Ouled Ameur.
 

 

 
 
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